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Forcés de payer pour éviter la prison

Québécois arnaqués en République dominicaine

Un jeune Québécois de 20 ans et ses parents ont eu la peur de leur vie en République dominicaine. Les parents de Jessy Poulin ont dû débourser 1 200 $ pour lui éviter d'aller en prison, car il était accusé d'un vol de cigares qu'il jure ne pas avoir commis.

La famille Poulin de Québec va se souvenir longtemps de ses vacances de Noël dans un hôtel de luxe en République dominicaine. Parti en voyage avec ses parents et grands-parents, l'aîné de la famille, Jessy Poulin a évité de peu la prison à la suite d'un vol de cigares qu'il jure ne pas avoir commis.

Les Poulin sont arrivés à l'hôtel Riu Bachata de Puerto Plata vers 22h30, le mercredi 21 décembre dernier. C'est au même moment qu'aurait eu lieu le vol d'une boîte de cigares dans un présentoir de l'hôtel. Le présentoir a été brisé d'un coup de poing et il y avait du sang sur les morceaux de vitres.

Peu après son arrivée, Jessy Poulin s'est rendu au bar de l'hôtel où il a fait la connaissance d'un jeune Ontarien, qui distribuait des cigares aux touristes. Jessy en a reçu trois. Selon Jessy et deux témoins, rencontrés par le Journal de Montréal, le jeune Ontarien était blessé à la main.

Trois cigares «incrimants»

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des agents de sécurité de l'hôtel ont intercepté Jessy avec les trois cigares.

Rencontrés par des policiers de Puerto Plata et un membre de la direction de l'hôtel, le jeudi matin, les parents n'ont eu d'autres choix que de payer 1 200 $ pour les cigares et le remplacement de la vitre du présentoir. Personne n'a voulu rencontrer les témoins. «C'est aberrant, c'est de l'escroquerie», dénonce Richard Poulin, le père.

Selon M. Poulin, le directeur adjoint du Riu Bachata, M. Frederick, a offert à la famille de les rembourser s'ils retrouvaient le jeune Ontarien.

Le vendredi, Jessy Poulin et son père ont retrouvé le jeune homme. Mais ni les policiers, ni la direction de l'hôtel n'ont voulu revenir sur l'incident.

Jean-Luc Salon, un Montréalais rencontré par le Journal à Puerto Plata et un employé de l'hôtel ont confirmé au Journal que ce n'était pas Jessy Poulin qui a commis le vol.

Tout est payé, pas de problème

Le Journal a rencontré le directeur adjoint de l'hôtel, M. Frederick et ce dernier a expliqué que ce n'était pas des affaires des journalistes.

Joint par le Journal, Renato Rainosso de la police touristique a expliqué qu'une enquête était ouverte tout en précisant que tout était réglé parce que Jessy avait payé. «C'est correct, il n'aura pas de casier judiciaire parce qu'il a payé», a-t-il dit.

Le Journal a appris qu'une autre famille a dû payer 1 000 $ dans la même semaine, au même hôtel, pour éviter la prison, à la suite du bris d'un extincteur dans l'établissement.

Voyager à ses risques

Sortir du pays n'est pas sans risques. Les voyageurs doivent s'informer avant de quitter le pays et surtout ne jamais se croire au-dessus des lois du pays hôte.

Jean-François Lacelle, porte-parole au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international explique qu'il faut se renseigner sur le pays qui sera visité avant de quitter le Canada. Pour ce faire, le ministère met en ligne sur son site Internet plusieurs documents d'informations qui sont mis à jour régulièrement.

Les Affaires étrangères rappellent aux Canadiens que la loi canadienne ne s'applique qu'au Canada. Il est impossible pour le gouvernement du Canada de s'immiscer dans les affaires internes d'un autre pays tout comme les Canadiens refuseraient qu'un autre pays, s'ingère dans les affaires internes du Canada. Il faut donc être toujours prudent.

Les impondérables

Selon les Affaires étrangères, nul n'est censé ignorer les lois du pays qu'il visite. Il faut informer l'ambassade ou le consulat canadien lors d'une arrestation, ou un proche doit informer le gouvernement canadien le plus rapidement possible.

Il faut éviter d'accepter les services d'un avocat recommandé par un autre prisonnier, par des policiers, etc., même si l'avocat vous promet une libération rapide moyennant un pot-de-vin. Un citoyen canadien pourrait perdre son argent en plus de se retrouver avec une accusation de tentative de corruption des autorités. Le personnel du consulat canadien ou de l'ambassade possède des listes d'avocats locaux efficaces et expérimentés.

L'ambassade américaine ou britannique peut également être utile là où il n'y a pas de représentant du Canada.