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26 000 $ d'amende pour un pseudoguérisseur

«Nouvelle médecine germanique»

Charles Lecavalier

Un pseudoguérisseur a été reconnu coupable d'avoir exercé la médecine sans autorisation et devra payer une amende de 26 000 $ pour avoir prodigué les principes de la «nouvelle médecine germanique» à un homme par la suite décédé d'un cancer dans d'atroces souffrances.

Dans un jugement de la Cour du Québec rendu récemment, François Leduc est décrit comme un naturothérapeute et phytothérapeute. Il se présente comme un conférencier et consultant en «nouvelle médecine germanique».

Le Collège des médecins, qui l'a poursuivi, avait été mis au courant des pratiques illégales de ce dernier à la suite d'un reportage de l'émission J.E., en 2010.

Filmé avec une caméra cachée par J.E., M. Leduc avait défendu certaines des théories du mouvement qu'il préconise.

«Le cancer, ce n'est pas un ennemi, c'est un allié [...] La chimiothérapie, ça bloque la réparation», avait-il déclaré à l'époque. Selon le coupable, l'apogée de la souffrance est un signe de guérison et la radiothérapie, la chimiothérapie et la morphine contrecarrent la convalescence.

L'équipe de J.E. avait fait enquête à la suite du décès d'Alain Piat, atteint d'un cancer de la prostate et des os. En 2008, François Leduc l'avait convaincu de s'en remettre à la «médecine nouvelle germanique».

Un choc

Selon M. Leduc, les cancers sont dus à un choc biologique ou psychique. Dans le cas de M. Piat, l'origine de la tumeur serait un conflit avec la conjointe ou la progéniture. Alain Piat a fini par en être convaincu.

«Mon mari me le disait : "Il faut qu'on se sépare, François dit que je guérirais plus vite"», avait expliqué à l'époque à J.E. l'épouse du défunt, Véronique Maillard.

Sans médication, ses derniers jours ont été accompagnés de douleurs atroces. «Une fin de vie comme il a eue, c'est inhumain», a relaté Véronique Maillard. Le cancer de la prostate s'est métastasé aux os et M. Piat est décédé le 16 juillet 2009.

François Leduc a aussi vendu, à deux occasions, des pilules faites d'huiles essentielles et d'argiles à Alain Piat. Il a aussi recommandé d'apposer du plantain sur les plaies de lit de l'homme. Véronique Maillard a dû enlever tous les résidus collés dans les plaies à l'aide d'une pince à sourcils.

Elle avait toutefois réussi à dissuader son conjoint de fixer du gruau sur ses plaies de lit, un autre conseil de François Leduc.

Le Collège des médecins avait réclamé 5000 $ pour chacun des quatre chefs d'accusation, mais le juge Nathalie DuPerron Roy a été encore plus sévère.

«Il est apparu aux yeux du Tribunal que le défendeur connaissait les limites qui lui sont imposées et qu'il tentait consciencieusement de les contourner», peut-on lire dans le jugement.