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L'essai de Marie-Paul Ross fait des vagues

Sexualité des religieux

La religieuse et sexologue Marie-Paul Ross se retrouve à couteaux tirés avec le Diocèse de Québec au sujet de la sexualité des religieux.

À l'origine de la controverse, le récent essai de soeur Ross, Je voudrais vous parler d'amour... et de sexe, lancé à l'automne dernier. Connue pour ses propos directs, elle y affirme que 80 % des prêtres et des religieuses ont des écarts de conduite en rapport avec leur voeu de chasteté.

«Pourquoi le monde religieux serait si parfait à côté d'un monde laïc en souffrance? C'est le temps de mettre fin à ça. Il faut faire la réalité, il faut faire la vérité (sic).»

Les révélations-chocs de Marie-Paul Ross ont évidemment bousculé plusieurs représentants de l'Église. Et la charge est venue de Pastorale Québec, une revue publiée par le Diocèse de Québec, qui a publié un article dans lequel plusieurs intervenants l'accusaient d'avoir grossièrement exagéré.

«On a laissé la parole à différentes personnes qui travaillent au sein de l'Église, qui ont une expertise, aussi, et qui ne se reconnaissent pas dans certains de ses propos. Entre autres, dans la fameuse statistique du 80 %, des religieux et religieuses consacrés ne se reconnaissaient vraiment pas là-dedans», explique Jasmin Lemieux-Lefebvre, porte-parole du Diocèse de Québec et directeur de la revue.

À son tour, Marie-Paul Ross a réagi fortement à la publication de l'article, ajoutant que des études réalisées à Rome arrivaient à un taux de d'écarts de conduite encore plus élevé.

«Il y a beaucoup d'interprétations et, moi, je trouve ça injuste. Je suis quand même une professionnelle, (...) Et, des fausses interprétations, sous la tutelle de personnes qui se disent très spécialisées, c'est impensable. Je trouve ça même violent de la part de mon Église.»

Au terme d'une conférence de presse qu'elle avait convoquée pour s'expliquer, Marie-Paul Ross s'est entendue avec Jasmin Lemieux-Lefebvre pour lui faire parvenir une réplique, qui sera publiée sur le site internet de la revue.

Mais la question de la vie sexuelle des religieux n'a pas fini d'être délicate pour autant.