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Conflit d'intérêts à la CSDM?

Des postes de direction pour les enfants de la présidente

Les deux enfants de la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) occupent un poste de directeur adjoint au sein de l'organisation, une situation qui crée un certain malaise.

Marie-Christine et Alexandre De Courcy, les deux enfants de la présidente de la CSDM Diane De Courcy, sont en poste en tant que directeurs adjoints dans la même commission scolaire que leur mère, respectivement à l'école secondaire Sophie-Barat et à l'école secondaire Louis-Joseph-Papineau.

Si Marie-Christine De Courcy a déjà quelques années d'expérience à la CSDM, son frère, lui, n'a eu son poste qu'au cours des derniers mois.

«C'est douteux»

Les circonstances dans lesquelles il l'a obtenu ont laissé un goût amer à certains employés de l'école Louis-Joseph-Papineau. «L'an dernier, la commission scolaire a aboli le poste d'un de nos directeurs adjoints en prétextant un manque de budget», relate un enseignant qui s'est confié au Journal de Montréal sous le couvert de l'anonymat.

«Quelques mois plus tard, Mme De Courcy est venue nous annoncer à l'école qu'elle débloquait une somme de 1,3 million pour la revitalisation de l'école et l'embauche d'un nouveau directeur adjoint», poursuit-il.

«C'est son fils Alexandre, qui effectuait du remplacement à notre école, qui a obtenu le poste, alors qu'on avait un excellent directeur adjoint qui a perdu son emploi l'an dernier.»

«Ça se parle dans l'école. Comment le directeur de l'école peut-il objectivement évaluer et superviser le jeune De Courcy alors qu'il est lui-même indirectement sous la supervision de Diane De Courcy ?»

Le fait que les deux enfants de la présidente de la CSDM occupent des postes importants au sein de l'organisation dirigée par leur mère provoque un certain malaise au sein de la commission scolaire.

Le syndicat de l'Alliance des professeurs et professeures de Montréal a refusé de commenter ce dossier, alléguant qu'il relevait d'une «décision patronale».

Diane De Courcy a également refusé de nous accorder une entrevue à ce sujet.

De son côté, l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire refuse d'y voir un «problème d'éthique». «Le processus d'embauche est très rigoureux, assure Gaétan Nault, président de l'AMDES. Si ces deux directeurs adjoints sont là, c'est qu'ils ont la compétence pour le faire. Ce n'est pas plus "malaisant" qu'un enseignant dont le fils concierge travaillerait dans la même école.»

De la rigueur

La Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, la FQDE, qui représente les directeurs d'école à l'échelle du Québec, se fait pour sa part plus prudente.

«C'est sûr que ça prend une tournure particulière parce qu'on parle des enfants de Mme De Courcy, souligne la présidente Chantal Longpré. J'espère que le processus d'embauche a été effectué avec toute la rigueur nécessaire.

«Si c'est le cas, tant mieux. Sinon, on est en droit de se poser des questions.»

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