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Shafia avait acheté un centre commercial  

Sans mentionner sa première femme

Consultez notre dossier sur l'affaire Shafia

Mohammad Shafia, ce Montréalais d'origine afghane qui a été trouvé coupable cette semaine d'avoir tué sa première femme et ses trois filles à Kingston en 2009, a acheté un centre commercial de 2 millions $ dans une banlieue montréalaise, seulement un an avant les événements.

Mais les documents relatifs à cette transaction immobilière, obtenus par l'Agence QMI, soulèvent des questions quant aux déclarations - et possiblement même les intentions - de Mohammad Shafia quand il est entré au Canada comme immigrant investisseur avec les membres de sa famille.

Shafia a acheté le centre commercial de Laval le 5 mai 2008, versant 1,6 million $ en argent comptant.

Il a également convenu de payer le solde restant de 400 000 $ en quatre versements annuels de 100 000 $ chacun, entre 2009 à 2012, peut-on lire dans les documents de la transaction.

Dans les documents immobiliers que M. Shafia a lui-même signés avant qu'ils ne soient enregistrés auprès du Régistre foncier du Québec (un site gouvernemental), l'homme d'affaires prospère a déclaré n'avoir qu'une seule épouse, même s'il en avait deux.

Shafia fait état de son mariage en 1988 avec Tooba Mohammad Yahya, sa seconde épouse. Mais il n'a jamais révélé qu'il était toujours marié à sa première femme, Rona Amir Mohammad, qu'il a par la suite été trouvé coupable d'avoir tuée (avec ses trois filles) un an après son investissement lavallois.

Tooba Yahya et le fils du couple, Hamed, ont aussi été trouvés coupables dans cette affaire. Ils vont porter leurs condamnations pour meurtres prémédités en appel.

Peter Kemp, avocat de la défense représentant M. Shafia à son procès, n'a pas retourné nos appels pour obtenir ses réactions ou celles de son client relativement à ces informations, ni l'automne dernier ni cette semaine.

M. Shafia avait d'abord décrit sa première épouse à la police de Kingston comme étant « une cousine ». La famille avait utilisé un visa de visite familiale pour entrer au Canada.

Des proches de Rona Amir Mohammad ont affirmé par la suite qu'elle n'était pas sa cousine, mais bien sa première épouse. Ils ont ajouté qu'elle avait reçu des menaces de mort de M. Shafia avant qu'elle et les trois enfants ne soient découverts dans une voiture au fond du canal Rideau, près de Kingston, en juin 2009.

Georges Gauthier, un notaire de Laval qui a préparé les documents relativement à l'achat du centre commercial à Laval en 2008, a indiqué que M. Shafia ne parlait pas anglais, mais que son fils Hamed pouvait s'exprimer en anglais.

Hamed a fourni les renseignements nécessaires au sujet de l'histoire matrimoniale de son père pour l'acte de propriété, mais il n'a jamais fait mention d'une deuxième épouse et le fait que Tooba Mohammad Yahya était plutôt son épouse numéro deux.

M. Gauthier dit que la police ne l'avait jamais interrogé relativement à la transaction immobilière, ni sur la section de l'acte de propriété où M. Shafia expose son historique et statut matrimonial - une information exigée sur chaque acte de propriété au Québec.

«S'il a fait des déclarations tout croche, il vivra avec. À la revente, il peut avoir du trouble», a commenté le notaire Gauthier.

Questionné au sujet des meurtres commis par Mohammad Shafia, Georges Gauthier a répondu : « On reste toujours surpris quand des choses comme ça arrivent. »

 

 

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