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Québec redémarre le Train de l'Est

Feu vert donné à huis clos

Québec relance le projet de Train de l'Est, qui était stoppé depuis six mois suite à des dépassements de coût importants. L'Agence métropolitaine de Transport (AMT) va donc recommencer à octroyer des contrats, sous l'étroite surveillance du gouvernement Charest.

Selon des informations obtenues par le Journal de Montréal, le Conseil du Trésor a approuvé le dossier d'affaires final (DAF) du train de banlieue entre Mascouche et le centre-ville de Montréal. Le feu vert a été donné à huis clos, le 19 janvier.

Québec débloque également des crédits budgétaires totaux de 671 millions. Tout dépassement de coût additionnel dans ce projet, qui devait au départ coûter 300 millions, devra recevoir une nouvelle approbation ministérielle.

Isabelle Mercille, attachée de presse de la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne, précise qu'une des conditions de l'approbation consiste en la mise en place d'un nouveau comité de gérance du projet, dont les membres «relèvent directement du gouvernement».

Le comité se réunira dans les prochains jours, après quoi l'AMT, qui ne sait pas encore qui sera son nouveau président-directeur général, pourra lancer les appels d'offres restants qui correspondent au dernier 25 % du projet.

Gare Mascouche

Le premier, dont la valeur atteindra plusieurs dizaines de millions, concerne la construction de la gare et du garage de trains de Mascouche, situés au bout du trajet.

Le chantier, qui doit se mettre en branle cet été, sera d'envergure. En plus de construire les quais chauffants et un édicule pour les passagers, il faudra aménager un bâtiment administratif, des stationnements et un réseau d'aqueduc.

D'autres appels d'offres suivront, concernant entre autres la gare Terrebonne et la construction d'une partie des infrastructures ferroviaires.

En août dernier, Michelle Courchesne a bloqué le projet de l'AMT après que les coûts aient atteint plus de 660 millions.

Sur le terrain, les travaux déjà amorcés, notamment ceux pour permettre l'insertion des voies ferrées sur le terre-plein central de l'autoroute 640 se poursuivaient. Mais l'Agence ne pouvait plus octroyer de nouveaux contrats avant que le projet soit revu en profondeur par Infrastructure Québec.

Le PDG démissionne

En janvier, la ministre a ordonné une nouvelle réduction des coûts, qui atteignaient au moins 715 millions, pour les ramener à 671 millions. Ces économies ont été réalisées au prix d'une réduction de l'ampleur du projet, qui inclut notamment la disparition de la gare Charlemagne.

Le lendemain, au coeur de la tempête, le président-directeur général de l'AMT, Joël Gauthier, a remis sa démission.

D'après nos informations, il oeuvre toujours activement à l'Agence et y restera jusqu'à ce que le Conseil des ministres lui nomme un successeur.

Le Train de l'Est doit entrer en service à la fin 2013 ou au début 2014. Il transportera environ 11 000 passagers par jour.

Toujours plus cher

Mars 2006

Le gouvernement Charest annonce le projet de Train de l'Est et estime qu'il coûtera

300 M$

Août 2008

L'AMT présente le tracé retenu et évalue les coûts à 390 M$

Février 2010

L'AMT annonce que les coûts grimpent à 435 M$ parce qu'il faut respecter 18 conditions environnementales strictes imposées par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs.

Décembre 2010

Dans son Programme triennal d'immobilisations, l'AMT évoque le chiffre de 478 M$, à cause de «contingences».

Août 2011

Devant des coûts maintenant évalués à 665 M$, le gouvernement demande que l'octroi des contrats soit stoppé et qu'Infrastructure Québec prenne le dossier en mains.

Janvier 2012

Infrastructure Québec conclut que le Train de l'Est pourrait coûter plus de 715 M$. La ministre Michelle Courchesne annonce que l'ampleur du projet sera réduite.

Février 2012

Le Parti québécois demande que le Vérificateur général du Québec enquête dans le dossier, estimant que les motifs invoqués pour les dépassements de coût sont " douteux ".

Février 2012

L'AMT reçoit le feu vert pour reprendre le lancement d'appels d'offres. Le Conseil du Trésor demande que les coûts totaux ne dépassent pas 671 M$.

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