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Vilaj Vilaj…dans le rouge

Luck Mervil déchante

Michelle Coudé-Lord

Luck Mervil annonce qu'il doit reprendre son métier de chanteur pour sa famille et pour se renflouer. «J'ai mangé toutes mes économies pour Vilaj Vilaj. Le projet n'est pas mort, mais la réalité haïtienne me dit que ça prendra de nombreuses années. J'ai perdu bien des illusions», confie-t-il.

L'opération Vilaj Vilaj a dépassé 600 000 $.

«Nous avons eu un peu d'aide bien sûr, il y a eu l'achat des terrains, les plans, les architectes. Mais je vois bien qu'avec ce qui se passe en Haïti, ça n'ira pas très vite. Le gouvernement aime le projet, les Haïtiens y croient, mais ce sont les milliardaires et les grosses compagnies qui achètent les terres maintenant et construisent.»

«Nous négocions toujours avec une compagnie privée pour pouvoir faire le premier prototype de maisonnette. Comme me dit un de mes administrateurs, l'architecte social Ron Rayside, imagine les années que ça prend pour bâtir un CHUM au Québec, donc normal que ça prenne du temps de créer un petit village en Haïti.»

Faire les choses autrement

Il affirme que les bureaux de Vilaj Vilaj sur Jean-Talon sont fermés et logent maintenant chez l'architecte Ron Rayside, question d'économiser des sous.

Luck Mervil sait déjà que certains le critiqueront et l'accuseront même d'avoir perdu son temps pendant deux ans.

«Bien sûr que je ferais certaines choses différemment. À ceux qui voudront relever cette fausse accusation de fraude pour me faire mal, je leur réponds que la personne en question voulait que de la visibilité puisqu'il n'y a eu aucune plainte à la police déposée et que Vilaj Vilaj n'a reçu aucune visite du fisc. Quand je dis que je ferais les choses autrement, je saurais certainement mieux me protéger contre de telles attaques injustes. La philanthropie humanitaire est une bien drôle de planète», indique sur un ton réaliste Luck Mervil.

L'humain sort grandi, mais...

Sa conjointe, la comédienne Tania Kontayanni avec qui il a un petit garçon, Louka, avait hâte qu'il revienne auprès des siens. Il est aussi le père de deux filles.

«Louka a 2 ans, j'ai perdu plus d'un an de sa vie. Je suis en grande réflexion et je m'en veux de m'être perdu comme homme, comme père en voulant aller aider les autres. J'ai fait du mal aux miens en priorisant Haïti que j'aime tant. Je serai toujours très fier des Québécois d'avoir amassé 8 M$ en deux heures pour les sinistrés d'Haïti. Deux ans plus tard, je leur dis qu'il y a eu des promesses fallacieuses et que sur le terrain, Haïti est encore un gouffre et pris dans le piège des pays envahisseurs.»

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