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Les victimes collatérales en ont assez

Manifestations du PAJU depuis un an

Chaque samedi depuis un an, des membres de l'organisation Palestiniens et Juifs unis (PAJU) manifestent devant la boutique Naot, sur la rue Saint-Denis à Montréal, au grand dam des propriétaires, mais aussi de ses voisins.

Le PAJU pratique un boycottage du petit magasin de chaussures, situé sur le Plateau Mont-Royal, en raison de la marchandise israélienne qui y est vendue.

Il s'agit du deuxième commerce de chaussures du secteur à se trouver dans la mire du PAJU, après Le Marcheur, situé à un coin de rue de là.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a même joint les rangs des manifestants au moins une fois.

La situation devient littéralement intenable pour Corrine Lissoos, présidente de Solemate Inc., propriétaire du magasin, qui paie maintenant des consultations psychologiques à ses employés. «Ils sont ici tous les samedis, de 13 h à 15 h. Ça affecte notre clientèle et les gens ne veulent plus venir ici.»

Dommages collatéraux

Les commerces adjacents doivent eux aussi subir l'impact de ces démonstrations hebdomadaires qui chassent la clientèle.

Thanh Van Pham, de la joaillerie Oz Bijoux, en a ras le bol. «C'est aberrant! Nous perdons nos clients depuis un an et ils empêchent les gens de rentrer. On leur a parlé (au PAJU), mais ils s'en foutent royalement.»

Des emplois ont dû être supprimés et l'entreprise risque même la fermeture. «On n'a pas la colonne assez forte.S'ils continuent comme ça, ça va nous tuer.»

Le copropriétaire de la boutique de vêtements Panache, Jean-Philippe Plante, fulmine de son côté. «Je n'ai rien à voir là-dedans. Je suis pogné, je paye mon loyer, mais je ne peux rien faire. Ce n'est pas bon pour personne dans le coin.»

Le manque à gagner durant les après-midi l'affecte durement, lui qui n'a pignon sur rue que depuis six mois. « Si tu veux débattre, va le faire là-bas en Israël, plutôt que de détruire la business d'un Québécois.»

Une cause globale

Le président du PAJU, Bruce Katz, prévient que le rituel se poursuivra «aussi longtemps que l'occupation israélienne durera», à moins que Naot cesse de vendre des produits israéliens.

Ancien candidat du Nouveau parti démocratique en 1998, M. Katz comprend la situation des victimes collatérales, mais reste campé sur ses principes. «Ça ne plait pas aux commerçants, mais la situation est comme elle est. La question est plus large.»

 

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