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Une sortie qui vire au cauchemar

Deux morts et 26 personnes blessées sérieusement

La violente embardée d'un autocar a transformé en cauchemar le périple d'un groupe de personnes âgées en direction des États-Unis, samedi matin, sur la route 165, à Plessisville, dans le Centre-du-Québec.

Un drame funeste pour deux passagers qui ont péri dans des circonstances horribles après avoir été coincés à l'intérieur de l'autocar accidenté. Quarante-six des 52 passagers ont dû être transportés d'urgence dans trois hôpitaux. Vingt-cinq d'entre eux ont été grièvement blessés.

L'accident s'est produit à moins de cinq kilomètres au sud du centre-ville de Plessisville dans une courbe réputée dangereuse par les résidants du secteur.

(Crédit photo: Agence QMI)

L'autocar de l'entreprise Autocars La Chaudière était en direction du casino d'Akwesasne, situé dans le nord de l'État de New York. Le voyage organisé regroupait des résidants de différentes localités qui se sont réunis à Saint-Georges de Beauce pour le départ.

Le conducteur n'a pas été en mesure de contrôler l'autocar à la fin d'une courbe. Le véhicule a sévèrement percuté un poteau électrique avant de verser dans le fossé. Aidés des pinces de désincarcération, les secours ont eu besoin de plus de deux heures pour sortir les passagers de l'autocar.

Hôpital en alerte

Vingt-sept blessés ont été transportés à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska, à Victoriaville. Vingt-quatre autres passagers ont été conduits à l'Hôpital de Thetford Mines.

(Crédit photo: TVA Nouvelles)

«Nous avons reçu les cas les plus graves ici et les plus légers ont été dirigés à Thetford Mines», a précisé Claude Charland, directeur de l'Hôtel-Dieu-d'Arthabaska, dans un point de presse.

«La majeure partie des gens étaient des personnes âgées, donc il y avait déjà plusieurs problématiques d'avance, a expliqué le docteur André Nadeau, de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska. Ce qu'on a noté souvent, ce sont des fractures costales et des contusions pulmonaires. On a beaucoup de fractures dorso-lombaires et de fractures de membres supérieurs.»

Mauvaises conditions climatiques

Porte-parole à la Sûreté du Québec, le sergent Claude Denis n'était pas en mesure de confirmer la cause de l'embardée. Il estime toutefois que les mauvaises conditions climatiques pourraient être à l'origine de cette perte de contrôle survenue dans la dernière partie de la courbe.

(Crédit photo: Agence QMI)

La chaussée n'était pas excessivement glissante dans le secteur, mais une accumulation de neige humide dissimulée sous un flanc de neige soufflée des terres pourrait avoir trompé la vigilance du conducteur de l'autocar. Les forts vents risquent aussi d'avoir nui à la stabilité du véhicule.

L'entreprise Autocars La Chaudière a assuré en après-midi, dans un communiqué, «que le véhicule concerné était en parfait état mécanique, et venait de subir une inspection périodique », certifiant « que tout était conforme». L'enquête permettra de connaître la vitesse de l'autocar lors de l'embardée.

(Crédit photo: Agence QMI)

Le conducteur, un militaire à la retraite «d'une fiabilité élevée», avait un dossier de conduite impeccable, selon l'entreprise.

«Toute notre équipe est à pied d'œuvre afin de collaborer avec les services de police, les services ambulanciers, Contrôle routier Québec et tout autre intervenant concerné par le dossier», a ajouté l'entreprise, qui a tenu à exprimer sa sympathie aux passagers et à leurs proches.

Un mastodonte vulnérable aux forts vents?

Si la chaussée partiellement glissante peut avoir provoqué le dérapage de l'autocar, les forts vents risquent fortement d'avoir été un facteur déterminant dans cette sortie de route, selon un conducteur habitué de rouler avec ce modèle d'autocar, un Prévost H3-45.

(Crédit photo: TVA Nouvelles)


Ce conducteur, qui préfère garder l'anonymat, explique que ce modèle est réputé pour être plus vulnérable aux vents violents et qu'il est plus difficile à contrôler puisqu'il est plus haut que les autres modèles.

Des forums de discussion de routiers sur le Web précisent également que ce mastodonte de 12,5 pieds a tendance à être facilement poussé par le vent.

Vents sud-est

Comme l'explique la météorologue d'Environnement Canada, Karine Dumas, les vents du sud-est soufflaient vers le côté gauche de l'autocar, qui a versé sur le côté droit.

 

(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Il a été impossible de savoir si l'autocar était muni du tout nouveau système de stabilisation électronique de Prévost, aidant le conducteur à réduire sa vitesse lors de situations de renversement ou de dérapage potentiel - une innovation apportée par Prévost pour ses véhicules récents.

En état de choc

Habitant une résidence tout près des lieux de la tragédie, Sophie Poirier a vu son samedi matin être pour le moins chambardé alors qu'elle a reçu la visite de trois dames âgées ensanglantées, qui cherchaient un refuge quelques minutes après l'accident.

Un passant venait d'assister à la scène du drame et était parvenu à secourir les trois dames en état de choc.

«Elles voulaient se réchauffer. Elles étaient en état de choc et tremblaient énormément. Une s'était frappé la tête lorsqu'elle a été sortie de l'autobus, on l'avait tirée par les jambes», a mentionné Mme Poirier.

(Crédit photo: Agence QMI)

Cette dernière a tenté de les questionner sur les circonstances de l'accident, mais les trois victimes n'étaient pas en mesure de s'en rappeler.

«Elles étaient amochées. Mais là, l'homme qui les avait aidées m'a dit qu'il allait m'en amener cinquante. Je ne sais pas comment l'accident est arrivé, mais j'ai compris que ça n'allait pas bien», a-t-elle poursuivi, ajoutant qu'une des victimes lui avait raconté que l'autocar avait dû arriver trop vite et déraper sur une lame de neige.

Trop vite?

Denis Junior Mailhot, propriétaire du garage Trépanier, situé tout près, a aussi offert son aide pour aider les premières victimes avant qu'un nombre suffisant de secours se présente. Il estime que la courbe peut être dangereuse.

(Crédit photo: Agence QMI)

Toutefois, il souligne que la chaussée n'était pas extrêmement enneigée. «C'est sûr qu'il vente pas mal ici et que la neige s'accumule sur la route, a-t-il dit. Ça arrive, on en voit toujours un par année qui l'échappe là. [...] D'après moi, il arrivait trop vite.»

Ce qu'ils ont dit

«Il est trop tôt pour établir la cause, c'est survenu dans une courbe et c'est très, très venteux, comme vous pouvez le constater. L'enquête suivra, les mauvaises conditions météorologiques pourraient être en cause.»
- Claude Denis, porte-parole de Sûreté du Québec

«C'est sûr qu'il vente pas mal ici et que la neige s'accumule sur la route. Ça arrive, on en voit toujours un par année qui l'échappe là. (...) D'après moi, il arrivait trop vite.»
- Denis Junior Mailhot, propriétaire d'un garage à proximité du lieu de l'accident

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