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Un condo historique devenu infernal

TVA Nouvelles

Photo : Agence QMI

Olivier Bourque
Argent

Quand Sophie St-Amour a acheté son magnifique condominium de type loft situé dans une bâtisse historique art déco au centre-ville, jamais elle n'aurait pu imaginer que son havre de paix allait devenir un tel enfer alors que les chantiers s'accumulent autour de l'immeuble.

« C'est vraiment un endroit que nous aimons. Mais la situation est de moins en moins drôle », a-t-elle dit en entrevue avec Argent.

Depuis plusieurs semaines, deux chantiers (l'Altario et le Unity 3) battent leur plein. Les résidants du Unity 1 ressentent de fortes vibrations qui commencent à affecter l'immeuble bâti en 1912.

Mme St-Amour a d'ailleurs remarqué des fissures dans sa chambre à coucher.

« Il y avait de petites craques, mais elles sont devenues plus grosses, a-t-elle affirmé en pointant une poutre au plafond. Vraiment, on a remarqué que ça s'est empiré. »

D'ailleurs, la Ville de Montréal a envoyé une mise en demeure au syndicat de copropriété le sommant d'effectuer des vérifications urgentes à l'édifice.

« A la suite d'une inspection effectuée le 5 mars, nous vous signifions que le bâtiment dont vous êtes propriétaire présente des conditions dangereuses », est-il écrit dans le document.

La Ville de Montréal s'inquiète notamment de la structure du béton de l'édifice qui présente des dommages et de la corniche qui se détache du mur.

« On n'est pas contre le développement urbain, mais là on se rend compte qu'il s'agit d'une situation qui n'est pas normale, a affirmé Yves Joli-Cœur, avocat qui défend des résidants de la tour à condos. Et on se pose des questions sur la sécurité à l'intérieur des condos. »

Comme si cela n'allait pas assez mal, la démolition de restes d'un vieil édifice s'est mal déroulée mercredi. Des débris ont percuté l'immeuble patrimonial et ont fracassé des fenêtres dans une des unités à condos.

« J'ai entendu un gros bruit et j'ai vu un nuage de poussière monter jusqu'au 10e étage. On ne m'a pas avertit qu'on démolissait l'édifice, j'aurais aimé le savoir », a indiqué Mme St-Amour.

Leur avocat veut maintenant une analyse indépendante afin de savoir si l'édifice est encore sécuritaire.

Des ingénieurs mandatés par le syndicat en copropriété devaient faire des analyses et vérifications jeudi en après-midi.

Argent a pu s'entretenir brièvement avec le promoteur de la nouvelle tour à condos qui est aussi président du conseil d'administration du syndicat du Unity 1.

« Je fais confiance à ceux qui font la démolition », a-t-il simplement répondu.

« Oui mais vous êtes promoteur ici ? » lui a-t-on demandé.

« Je n'ai pas de commentaires à faire », a-t-il lancé avant de quitter.