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La franchise, pas un remède miracle

Affaires

Michel Munger

Aucune recette ne garantit le succès en matière de franchise. Par contre, un modèle d'affaires solide, et de la patience, sont des pré-requis pour que la formule porte ses fruits.

«Dans ce contexte, le franchisé est un partenaire stratégique qu'il faut choisir avec soin, explique Stéphane Breault, président de la société de conseil Imagine Franchise & Leadership. C'est pour cela que l'exercice prend du temps. Quand tout fonctionne bien, c'est parce que la qualité d'exécution et le dévouement des franchisés sont très grands.»

M. Breault assure toutefois qu'il ne suffit pas de respecter certaines règles jugées fondamentales pour qu'une franchise fonctionne. Chaque franchise doit être abordée au cas par cas.

«Starbucks a adopté un modèle corporatif, contre Tim Hortons qui fonctionne presque à 100 % avec des franchises, illustre-t-il. McDonald's a plus de restaurants corporatifs au Canada qu'ailleurs dans le monde. C'est souvent une question de contexte et de philosophie d'entreprise.»

L'erreur la plus fréquente des bannières est de ne pas avoir le bon concept pour se lancer dans l'aventure. Le lancement de franchises ne corrigera pas leurs faiblesses.

«Environ 80 % des gens qui viennent me voir repartent avec leurs valises en se disant que ce n'est pas la bonne stratégie, reconnaît M. Breault. Dans la mode, par exemple, la franchise est difficile à mettre en œuvre. L'idée que chacun achète ses stocks pose des problèmes de gestion de l'offre, comme lorsqu'il faut faire une liquidation.»

«D'autres industries ont besoin de sites de qualité extrême et la concurrence est si forte que seules les grosses marques gagnent, poursuit-il. Si vous vous lancez dans le café, les sites sont occupés par Tim Hortons et Starbucks.»

Enfin, Stéphane Breault recommande de ne pas vouloir aller trop vite, car le développement prend du temps. « Si on veut devenir le plus gros d'un créneau en deux ou trois ans, c'est impossible, selon lui. Tout ce qui pousse trop vite stagne rapidement. La franchise est un projet de moyen et long termes.»

Chez Cora, ou comment faire croître son entreprise en développant des franchises

Faut-il opter pour la franchise afin de faire croître une entreprise? Oui, si la formule peut fonctionner en dehors de son marché d'origine, répond Cora Tsouflidou, fondatrice de la chaîne de restaurants Chez Cora.

La chaîne de restaurants spécialisée dans les déjeuners, qui célèbre cette année son 25e anniversaire, compte 130 établissements au Canada. Son objectif est d'en ouvrir 200 au total. Elle sert 30 000 clients par jour, à raison de 10 à 12 $ par repas.

Mme Tsouflidou n'avait jamais pensé à franchiser Chez Cora. «J'avais neuf restaurants corporatifs dans trois marchés au début des années 1990, se souvient-elle. Quelqu'un m'a demandé une franchise, mais je n'étais pas renseignée sur le sujet. J'ai découvert une extraordinaire façon de prendre de l'expansion.»

Le grand défi de la propriétaire de la chaîne de restaurant, outre la croissance de l'entreprise, a été de trouver les franchisés.

«L'incontournable difficulté est de trouver la personne qui prendra la recette et la fera fonctionner, raconte Mme Tsouflidou. Tout le monde rêve de gérer un restaurant, mais beaucoup se rendent compte qu'il y a une foule de détails à maîtriser pendant la visite de 45 minutes d'un client. Ces personnes ont-elles le charisme, le leadership et la discipline pour exploiter un restaurant?»

La chaîne reçoit cinq cents par dollar encaissé, elle a donc tout intérêt à ce que les personnes qui prennent la responsabilité d'une franchise Chez Cora soient efficaces et qu'elles respectent les règles que Cora Tsouflidou a édictées.