/regional/montreal/montreal

«Je suis prêt à lui redire de foutre le camp»

Conseillère municipale prise à partie

Une conseillère municipale de l'arrondissement Outremont à Montréal a été vertement prise à partie par des membres de la communauté juive hassidique.

L'incident s'est produit jeudi dernier dans le cadre de la fête juive Pourim dans la rue Durocher près de Saint-Viateur.

«Get out et get lost!» lui ont bruyamment crié des membres de la communauté juive hassidique.

Céline Forget avait décidé d'aller vérifier sur place si les règlements municipaux étaient respectés par la communauté juive, puisque durant la fête de Pourim, ils se promènent de maison en maison dans des minibus.

«Je me promenais dans l'arrondissement pour voir si les rues étaient sécuritaires, si le stationnement se faisait correctement. Il y avait d'ailleurs beaucoup d'autobus qui circulaient dans les rues, ce qui est interdit par le règlement. Je faisais donc mon travail de conseillère jusqu'à temps que j'arrive sur la rue Durocher où ma présence a créé un émoi. L'ami qui était avec moi a téléphoné le 911», a raconté la conseillère municipale.

Selon Mme Forget, la foule était tellement devenue agressive à son égard que la seule façon d'assurer sa sécurité, c'était d'être escortée par les policiers dans un autre endroit.

Elle a contacté la sécurité publique et pris une photo lorsqu'elle a remarqué que plusieurs autobus étaient stationnés illégalement. C'est à partir de ce moment que la situation a dérapé. Un homme est sorti de sa voiture et a sommé la conseillère de partir. L'intervention a impliqué trois équipes du SPVM ainsi que la sécurité publique d'Outremont.

Au bout d'une vingtaine de minutes, la police a embarqué Mme Forget pour sa propre sécurité et l'a amené au poste 24. Les policiers auraient ensuite donné une leçon à la politicienne. «La sergente-détective Monic Cadieux m'a expliqué que j'outrepassais mon rôle de conseillère!» a raconté Mme Forget.

«C'est étonnant de voir que la liberté d'un conseiller municipal est à ce point enfreint», déplore la conseillère d'Outremont.

Céline Forget trouve qu'il y a du laxisme à Outremont en matière d'application des règlements. «Tant que la mairesse en place ne gèrera pas de façon transparente, de façon juste, qu'elle ne verra à l'application sur tout le territoire et par tous, on va faire perdurer une situation qui va s'aggraver d'année en année.»

Céline Forget (Crédit photo: TVA Nouvelles)

Vidéos de l'incident sur YouTube

Les juifs hassidiques, eux-mêmes, ont publié, lundi soir, une quinzaine de vidéos de l'incident sur le site de partage YouTube.

«C'est encore plus éprouvant de le voir sur internet, je suis traumatisée, a expliqué Céline Forget. Ce qui me frappe, c'est que dans leur esprit nous sommes chez eux, c'est leur ghetto.»

«Je suis prêt à lui redire de foutre le camp, nous ne voulons pas d'elle ici», a réitéré un membre de la communauté, de passage sur les lieux où s'est déroulé l'incident. «Elle nous rend la vie pénible», a ajouté un autre membre.

Ils se disent harcelés par Céline Forget, qui serait constamment en train de la photographier, dans le but de les prendre en défaut.

Neuf constats d'infraction

Neuf constats d'infraction ont été remis à des membres de la communauté juive hassidique, qui avaient stationné des autobus sur les rues d'Outremont la semaine dernière, en lien avec les évènements, alors que cela est interdit.

Chaque constat s'élève à un montant de 239$.

Cependant, aucune accusation n'a été portée contre les instigateurs de l'incident.

Une vieille rancune

Ce n'est pas la première fois que Céline Forget a maille à partir avec la communauté hassidique d'Outremont.

En 1997, elle fait une requête pour faire fermer une synagogue illégale en bas de chez elle sur la rue Durocher et a eu gain de cause.

Ils lui en veulent aussi, entre autres, pour avoir milité de façon répétée pour qu'Outremont cesse d'annuler les contraventions de juifs hassidiques pour motif d'accommodement raisonnable. Au milieu des années 2000, Outremont autorisait les Juifs à se stationner illégalement lors des jours de fête. Un accommodement jugé déraisonnable par la citoyenne.

Céline Forget ne portera pas plainte. «Je trouve dommage que le comportement d'une poignée de hassidiques entache la réputation de la communauté, a-t-elle souligné. Le véritable problème, c'est que l'administration en place ne fait pas respecter les lois quand il s'agit des hassidiques.»

 

 

Incorrect or missing Brightcove Settings

Incorrect or missing Brightcove Settings