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Montréal retient son souffle

Manifestation contre la brutalité policière

Policiers, organisateurs, commerçants: tous sont en mode préparation en vue de la manifestation annuelle contre la brutalité policière, reconnue pour ses affrontements entre casseurs et forces de l'ordre, prévue jeudi soir.

De nombreux commerçants craintifs se préparent pour éviter les dégâts. Portes barrées, vitrines barricadées, agents de sécurité : tous les moyens sont bons pour tenir les casseurs à distance. La police a récemment fait le tour des commerçants et regroupements de résidants pour distribuer certains conseils d'usage.

Alors que plusieurs manifestations étudiantes se sont tenues dans les dernières semaines, le scénario se répète. Policiers à vélo, cavalerie et groupe d'intervention assureront une présence active tout au long du rassemblement de jeudi soir.

Des observateurs craignent le pire: on prévoit un maximum de près de 10 degrés. De plus, la présence de milliers d'amateurs de rock au centre-ville pour le spectacle de Van Halen au centre Bell n'a rien pour rassurer.

Sur les 15 dernières années où s'est tenu le rassemblement annuel contre la brutalité policière, 13 ont donné lieu à des arrestations individuelles ou de groupe. Les policiers ont donc lancé un appel à la collaboration du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), organisateurs de la manifestation.

Itinéraire inconnu

Cette année encore, l'itinéraire n'a pas divulgué aux policiers, ce qui complique le travail, a dénoncé l'inspecteur-chef à la planification opérationnelle, Alain Bourdages.

À la veille d'une manifestation annuelle - qui se déroule en même temps dans plusieurs pays -, les policiers ont fait le point mercredi sur leurs stratégies d'intervention lors de tel rassemblement. Alors que plusieurs casseurs se mêlent aux foules, les policiers demandent la collaboration des manifestants.

«Quand la police donne l'avis de dispersion, on demande aux gens de quitter paisiblement, de ne pas rester sur les lieux», a laissé savoir l'inspecteur Bourdages.

Lorsque les gens n'obéissent pas, l'utilisation des grenades assourdissantes est privilégiée à la force physique par les policiers. Cette façon de faire est décriée par plusieurs, notamment depuis qu'un étudiant a été blessé à l'oeil lors d'une récente manifestation.

Malgré ce malheureux accident, les policiers comptent bien continuer à utiliser ce type de grenades, puisque ça évite d'utiliser le contact physique, a ajouté Alain Bourdages.

Commerçants

Des commerçants près du lieu de rassemblement de la manifestation, le parc Émilie-Gamelin à Montréal, ont pris des précautions pour assurer la sécurité de leurs employés et clients.

«Un agent de sécurité va être posté devant l'hôtel», a indiqué Jacob Richard, concierge à l'Hôtel des Gouverneurs sur la rue St-Hubert.

Au magasin Archambault, coin Sainte-Catherine et Berri, il y a des procédures bien précises en cas de débordement.

«Si on sent que ça pourrait devenir dangereux, on va barrer les portes à l'avant du commerce», a dit François Lachapelle, de sécurité Quali-T.

L'an dernier, plus de 200 personnes ont été arrêtées lors de la manifestation contre la brutalité policière.

 


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