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Scolarité gratuite pour conjoints et enfants

Employés des universités

Les universités ont beau avoir faim, il y a des privilèges qu'elles ne touchent pas, comme la gratuité ou la réduction des droits de scolarité pour les familles de leurs employés.

La très grande majorité des universités québécoises offrent en effet, parmi leurs gammes d'avantages sociaux, la gratuité ou la réduction des droits de scolarité pour leurs employés, les conjoints et leurs enfants.

Un avantage qui deviendra, bien sûr, de plus en plus intéressant : les droits de scolarité atteindront 3 793 $ d'ici trois ans.

Certaines institutions, comme l'Université de Montréal ou McGill, sont très généreuses, d'autres, comme l'UQTR n'offre que 45 $ de réduction par cours, tant pour leurs employés que leur famille.

L'UQAM fait bande à part

Les employés de l'UQAM ne profitent pas de pareilles largesses. « C'est motivé par le fait qu'on gère des deniers publics », dit Jenny Desrochers, la directrice des relations avec la presse. « On ne trouve pas équitable de favoriser les enfants des employés. »

La question ne revient jamais sur la table, dit-elle, lors du renouvellement des conventions collectives. « C'est accepté par la communauté. »

Combien cela représente-t-il ?

Difficile à chiffrer, car les universités elles-mêmes semblent n'avoir jamais fait le calcul.

Ni la Conférence des recteurs et des principaux des universités québécoises (CREPUQ), pourtant férue en chiffres de toutes sortes.

Le président-directeur général de la CREPUQ. M. Zizian ne voit pas de problème avec ce genre d'avantages sociaux dans le contexte économique actuel. Ils se comparent, dit-il, à ceux des employés de sociétés de transport qui ne payent pas pour leur titre.

À l'Université de Sherbrooke, qui compte quelque 6 700 employés, on s'est prêté à l'exercice pour le Journal.

Les employés de soutien, leur conjoint et enfants, sont exonérés des droits de scolarité. Pour le personnel enseignant, la réduction est de 50 %. « C'est pour favoriser l'accès aux études à une classe plus modeste au niveau financier », explique l'attachée de presse, Caroline Dubois.

En 2011, 498 employés se sont prévalus de réduction ou de la gratuité, ce qui représente une somme évaluée à 279 043 $.

Le débat est lancé aux États-Unis

Aux États-Unis, plusieurs États doivent composer avec des coupes draconiennes de leur budget. Les élus se tournent là où ils peuvent sabrer, notamment dans les dépenses de leurs universités d'État.

Selon l'American Association of University Professors, plus de 83 % des universités privées et le tiers des universités publiques offrent des avantages liés aux droits de scolarité. Et dans ce tiers, la grande majorité de ces exonérations ne touchent ni enfants ni conjoints.

Partout, de l'Arizona à l'Ohio en passant par New York et le New Jersey, la pression monte pour couper dans ces avantages afin d'augmenter les revenus des universités autrement qu'en augmentant les frais de scolarité, déjà très élevés.

En Arizona, où les trois universités d'États sont menacées de compressions de quelque 170 M$, une étude évalue que durant l'année 2009-2010, quelque 6 414 employés d'universités et leurs familles auraient utilisé pour 28,1 M$ de réduction de droits de scolarité.

À l'Université de New York, depuis septembre 2011, fini la gratuité pour ceux qui gagnent plus de 50 000 $ par année. Ils doivent désormais payer 10 % des droits.

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