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La population refuse de payer pour un gel

Sondage - Hausse des droits de scolarité

Hugo Bourgoin

Les étudiants qui protestent contre la hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement Charest ont beau multiplier les manifestations et les coups d'éclat depuis quelques semaines, rien n'y fait: ils n'arrivent pas à obtenir un appui massif de la population.

Selon un sondage Léger Marketing mené pour le compte de l'émission Larocque Lapierre, le mouvement étudiant a même perdu quelques plumes au cours des 14 derniers jours. En date du 15 mars, 50% des Québécois appuyaient le gouvernement dans ce conflit alors que 42% de la population était en accord avec les revendications des étudiants. Depuis le 1er mars, le gouvernement a gagné un point d'appui alors que les étudiants ont reculé de deux points.

(Crédit: TVA Nouvelles)

«La population est sympathique aux étudiants, mais dans ce débat-là, elle est un peu sceptique. C'est aux étudiants d'expliquer leur point de vue», explique Jean-Marc Léger, de Léger Marketing.

Personne ne veut payer

La situation est toutefois pire pour les étudiants lorsqu'on demande aux Québécois s'ils seraient prêts à payer plus d'impôts pour éviter l'augmentation des frais de scolarité.

Seulement 19% de la population accepterait qu'une partie de la facture lui soit refilée alors que 76% des gens se disent contre une contribution supplémentaire de leur poche. Il s'agit d'un transfert de 3% d'une réponse à l'autre depuis deux semaines.

«On est dans un cul-de-sac! On ne veut pas nécessairement une augmentation des frais de scolarité, mais on n'est pas prêt à payer pour. C'est pour ça que ce débat-là peut durer un peu plus longtemps qu'on le pense. Personne n'a encore vraiment gagné la bataille de l'opinion publique», ajoute M. Léger.

(Crédit: TVA Nouvelles)

Des élections printanières?

Même si le conflit entre le gouvernement et les étudiants perdure, la possibilité d'élections générales au printemps ne peut toujours pas être écartée.

Une baisse massive des appuis à la Coalition avenir Québec (CAQ) et une réception généralement positive au Plan Nord pourraient tenter le premier ministre, Jean Charest, malgré un taux d'insatisfaction élevé et une popularité à environ 20% chez les francophones.

Considérant que le Parti libéral du Québec (PLQ) pourrait tenir son conseil général du 4 au 6 mai prochain, le gouvernement pourrait déclencher des élections dans les jours suivants, menant à un scrutin le 11 ou le 18 juin.

Même s'il ne considère par le mouvement étudiant comme un obstacle à la réélection du gouvernement Charest, le sondeur Jean-Marc Léger précise toutefois qu'il ne faut pas prendre ce conflit à la légère.

«Les étudiants ne sont pas nécessairement des électeurs qui sont très impliqués en politique. Mais la conséquence auprès des mouvements syndicaux ou autres qui peuvent se greffer à cette grève-là... Les deux tiers des Québécois sont insatisfaits du gouvernement depuis deux ans. Toute cette insatisfaction doit sortir quelque part et si le mouvement étudiant en devient le catalyseur, ça peut être dangereux pour le gouvernement», explique-t-il.

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