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À peine nommé, Mgr Lépine est déjà contesté

Nouvel archevêque de Montréal

Mgr Christian Lépine, fraîchement nommé archevêque de Montréal par le pape Benoît XVI, s'est adressé aux médias, mercredi.

Le religieux de 61 ans ordonné prêtre en 1983, qui succède au cardinal Jean-Claude Turcotte, était jusqu'à hier évêque auxiliaire de Montréal.

Mgr Lépine se dit à l'écoute des gens, pour la laïcité ouverte. Il souligne aussi que chacun est libre d'accepter le Christ. Il a toutefois tenu à préciser sa pensée sur le divorce et la communion.

«Si les personnes divorcées sans être engagées dans une autre relation sont prêtes à communier parce qu'elles sont dans la fidélité si on veut à leur mariage, si elles ont repris une autre relation, ça peut être compréhensible.»

«L'idée, ce n'est pas de ne pas pouvoir communier, ajoute Mgr Lépine, c'est de dire à quelqu'un à ce moment-ci, je t'invite à prier, mais je ne crois pas que tu sois encore prête à communier.»

Lors du point de presse, le cardinal Jean-Claude Turcotte, qui a été archevêque de l'archidiocèse de Montréal pendant 22 ans, était aux côtés de son successeur.

«Je sens le besoin d'abord de me reposer et de classer un petit peu ma santé. C'est comme un vieux char et on soigne ça avec des pilules. [...] Je veux aussi revenir à une vie intérieure, on est bousculé par l'action. J'ai besoin de prières», a dit sur un ton léger le cardinal Turcotte qui entend tout de même mener une retraite active.

Puisqu'il avait atteint l'âge de 75 ans, Mgr Turcotte avait dû démissionner de ses fonctions d'archevêque l'an dernier tel que le prescrit le Code de droit canonique.

Déjà contesté

À peine nommé Mgr Christian Lépine suscite déjà la colère des groupes de défense des droits des femmes et des homosexuels. Reconnu pour ses positions conservatrices, Mgr Lépine a néanmoins promis de faire une place au dialogue dans le cadre de ses nouvelles fonctions.

«Il faut rencontrer la personne et lui proposer Jésus-Christ comme chemin de guérison, a affirmé Mgr Lépine. Ce n'est pas de forcer un message, c'est de le proposer.»

La controverse qui a secoué son église de Repentigny en octobre 2009 l'a rapidement rattrapée. À l'époque, il avait autorisé que se déroulent dans le sous-sol de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges des conférences pour aider des parents à «développer le potentiel hétérosexuel» de leurs adolescents.

«L'église avait accueilli des personnes avec un style de vie homosexuel qui leur a causé des blessures, s'est justifié Mgr Lépine. C'était pour les aider à trouver la force en Jésus-Christ.»

Cette position fait grincer des dents Steve Foster, président et chef de la direction du Conseil québécois des gais et lesbiennes, qui dénonce vigoureusement la tenue de telles conférences.

«Monseigneur croit aux thérapies de guérison, s'est insurgé Steve Foster. Ça démontre que pour l'église, les gais et lesbiennes sont des malades qui doivent être soignés.»

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) dénonce aussi cette nomination.

«C'est extrêmement dommage de nommer quelqu'un si peu en phase avec les valeurs québécoises, a déclaré Alexa Conradi, présidente de la FFQ. Les leaders religieux ont décidé de donner du pouvoir à des personnes plus conservatrices.»

Le nouvel archevêque, connu pour sa position contre l'avortement, songe à prendre part à une «marche pour la vie» qui se déroulera en mai à Ottawa. Une marche à laquelle il admet avoir déjà pris part.

Dans la foulée du scandale sur les prêtres pédophiles, Mgr Lépine affirme qu'il faut miser sur la prévention pour éviter que de tels gestes soient posés. «Chaque cas est un cas de trop», a-t-il affirmé.

 

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