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650 postes supprimés à Radio-Canada

Compressions budgétaires

Les coupes de 115 millions $ imposées à Radio-Canada dans le dernier budget fédéral entraîneront plus de 650 pertes d'emplois au cours des trois prochaines années, dont environ 475 dans le présent exercice financier, a annoncé la société d'État, mercredi.

«Si nous additionnons la réduction de nos crédits parlementaires, les hausses de coûts inévitables et les investissements que Radio-Canada doit faire pour protéger sa transformation en un radiodiffuseur public moderne, nous devons en fait composer avec des pressions financières qui s'élèveront à 200 millions de dollars sur les trois prochaines années», a dit Hubert T. Lacroix, président-directeur général de Radio-Canada.

L'annonce a été effectuée par vidéoconférence à tous les employés de Radio-Canada.

Selon le dernier budget Flaherty, les compressions devraient être de 27,8 millions $ pour l'exercice 2012-2013, puis elles atteindront cumulativement 69,6 millions $ en 2013-2014 et 115 millions $ l'année suivante.

Selon le syndicat des communications de Radio-Canada, ce ne sont pas seulement 115 millions $ qui sont retranchés du budget, mais en réalité il s'agit de près de 180 millions, «compte tenu de la non-indexation récurrente des salaires ainsi que la non-indexation du budget des dépenses.»

Alex Levasseur, président du Syndicat des employés de Radio-Canada, est inquiet pour la qualité de l'information.

«Il faut qu'il y ait un débat public sur le mandat de Radio-Canada. Il est clair qu'on ne peut plus vivre avec les licences de 1999 et les promesses de réalisation que Radio-Canada a faites en 1999. Ces promesses ne sont plus réalisées aujourd'hui, a-t-il déclaré. [...] On se questionne sur les véritables raisons qui justifient la décision du CRTC de reporter pour une troisième fois les audiences sur le renouvellement des licences.»

Le syndicat entrevoit environ 700 postes perdus avec ces compressions, ce qui fait suite aux 800 autres emplois qui avaient été éliminés en 2009, selon des sources syndicales. 256 emplois seront abolis à la CBC et 243 à Radio-Canada.

Pour absorber les coupes gouvernementales, CBC/Radio-Canada entend, en plus des coupes dans ses employés, augmenter ses revenus, transformer Radio Canada International, accélérer la mise hors service des émetteurs analogiques, réduire les coûts et modérer le déploiement de sa Stratégie 2015.

Pour ce faire, Radio-Canada réduira «ses ambitions dans certains secteurs», comme l'expansion du service local, les chaînes spécialisées numériques et le nombre de grands événements qu'elle produit.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) s'est montrée très virulente envers le gouvernement.

«Radio-Canada mérite mieux que le traitement que lui réserve le gouvernement Harper, [...] et les Canadiens méritent mieux que le gouvernement Harper. Aujourd'hui, ce gouvernement fait encore une fois la démonstration qu'il est en train de brimer, non pas les libertés individuelles, mais nos libertés collectives», a dit Louis Roy.

Le NPD dénonce les coupures

Le NPD a condamné les coupures imposées à CBC/Radio-Canada par le gouvernement conservateur.

«Les Canadiens voient les conséquences du mépris que ce gouvernement entretient envers le diffuseur public, a déclaré le porte-parole du NPD en matière de patrimoine», a affirmé Tyrone Benskin par communiqué.

«Les conservateurs pensent qu'ils peuvent mettre la hache dans le budget d'organismes importants comme Radio-Canada sans compromettre les services. Nous avons la preuve aujourd'hui que c'est faux», a-t-il ajouté.


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