/regional/sherbrooke/centreduquebec

«La démocratie est menacée»

Injonction à l'Université de Sherbrooke

La Cour supérieure a accordé mercredi une injonction aux 11 étudiants de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke qui demandaient de pouvoir assister à leurs cours librement, et a même élargi cette directive à l'ensemble du campus. De plus, la Cour a interdit le piquetage sur les terrains de l'université.

L'injonction accordée par le juge Gaétan Dumas est valable pour 10 jours. Elle permet à tous les étudiants de toutes les facultés en grève, et qui sont contre le boycottage, d'avoir accès à leurs cours.

De plus, cette injonction oblige les grévistes à se tenir à 25 mètres des terrains de l'université. Ils ne pourront plus y faire du piquetage ni manifester dans les pavillons pour perturber le déroulement des cours.

Manifestation devant le palais de justice

Les membres d'associations étudiantes en grève ont réagi à cette décision et ont appelé la population étudiante, les enseignants et la population à manifester devant le palais de justice de Sherbrooke à 20 h, mercredi soir. Près de 500 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice avec des chandelles, scandant des slogans.

Les manifestants ont alors marché jusqu'au bureau de la rectrice pour dénoncer ce qu'ils qualifient d'une atteinte à la démocratie. Les étudiants se disent tout simplement estomaqués par la décision du juge.

«Je suis très surpris. C'est une injonction excessivement dure envers les étudiants», a dit Julien Bilodeau, président de l'Association étudiante de la faculté d'éducation.«On fait notre possible pour faire des votes les plus démocratiques possible. Ce qu'on voit avec ce jugement est que la démocratie ne sert absolument à rien. On dit aux étudiants qui votent, retournez en cours, on se fout de vous.»

«C'est le genre de décision qui radicalise le mouvement», a ajouté un autre étudiant.

Nicholas Beaudoin, un citoyen du groupe l'Estrie contre la hausse croit que «la démocratique ce soir est menacée. C'est une façon de bâillonner les étudiants. La bataille est politique et non juridique. On leur dit que peu importe la décision des étudiants, on ne la respectera pas.

«C'est scandaleux comme décision. C'est une aberration», a lancé un étudiant.

Du côté de l'Université, la direction étudiera le jugement en soirée et entend s'y conformer, dans la mesure du possible. L'administration est cependant inquiète pour la sécurité du personnel et des étudiants, craignant des débordements et une radicalisation des actions.

Photo: Agence QMI

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.