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Des parents laissés à eux-mêmes

Les jours de leur fille sont comptés

Des parents d'une fillette atteinte d'un cancer incurable lancent un cri du cœur pour qu'on vienne en aide à ceux qui doivent quitter leur travail pour prendre soin de leur enfant dont les jours sont comptés.

Natacha Gaudet et Yan Bélanger sont les parents de la petite Audrey, atteinte d'un cancer incurable. Ils souhaiteraient qu'un programme gouvernemental soit créé afin d'aider ceux qui se trouvent dans leur situation.

Audrey Bélanger-Gaudet vient d'avoir six ans. Elle semble en bonne santé, mais ce n'est pas tout à fait le cas. Elle a grandi normalement jusqu'à ses cinq ans et demi.


Audrey Bélanger-Gaudet, 6 ans, souffre d'un gliome du tronc cérébral. (Crédit: TVA Nouvelles)

Puis, en octobre dernier, elle a eu plusieurs pertes d'équilibre et disait se sentir mal. «Ça me faisait vomir», raconte-t-elle, de sa petite voix.

Les Bélanger-Gaudet se sont rendus à l'hôpital Sainte-Justine, où le verdict est tombé: cancer. Gliome du tronc cérébral, «une tumeur inopérable».

«Aucune chimio possible non plus, explique la maman. C'est au niveau de la moelle épinière, dans le tronc, ce qui supporte le cerveau. Le maximum qu'elle peut survivre avec cette tumeur, c'est 18 mois. On en a six de passés, même un peu plus.»

Deuxième enfant de la famille, Audrey a suivi 30 traitements de radiothérapie pour ralentir la progression du cancer.

Besoin d'aide

Les psychologues ont conseillé aux parents d'Audrey de ne pas lui parler de la mort, parce qu'avant l'âge de 10 ans, il s'agit d'une notion abstraite pour un enfant. La petite sait simplement qu'elle est malade. Quand on lui pose des questions, elle répond qu'elle a «un bobo dans la tête».

Le couple Bélanger-Gaudet veut offrir son témoignage pour que le gouvernement vienne en aide aux nombreux parents qui, comme eux, prennent soin d'enfants malades.


Natacha Gaudet et Yan Bélanger, parents de la petite Audrey. (Crédit: TVA Nouvelles)

Ils sont tous deux suivis par des médecins et reçoivent une médication. Natacha est en arrêt de travail. Yan, pour sa part, a été congédié parce qu'il était incapable de retourner à son poste.

«Il y a pas une journée qu'on pleure pas. Et il y a pas une journée qu'on se lève pas en se disant: peut-être que le sourire qu'elle a aujourd'hui va la guérir. On s'accroche à ça», explique le père.

Leurs amis se mobilisent et ont créé un site Internet pour eux. Ils organisent des campagnes de financement pour les aider.

En attendant, les parents essaient tant bien que mal de vivre intensément ces moments, qui deviendront bientôt des souvenirs inoubliables.

«Mais le problème, c'est que c'est après. Le ''après-Audrey''. Qu'est-ce qui va nous arriver?», s'inquiète le papa affligé.