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Une marée humaine pour le Jour de la Terre

Montréal

TVA Nouvelles

Une centaine de milliers de personnes se sont rassemblées en début d'après-midi dimanche sur la Place des Festivals à Montréal pour former le plus grand arbre humain au monde en ce Jour de la Terre.

Une «marée humaine» est arrivée par la rue Sainte-Catherine et des rues voisines et continuait d'affluer en milieu d'après-midi dans le Quartier des spectacles noir de monde. Tous les métros en direction du centre-ville sont restés congestionnés plusieurs heures. Selon les organisateurs de Rassemblement du 22 avril, environ 250 000 citoyens ont participé à cet événement.

(Crédit: Agence QMI)

À 14h, les cloches des églises ont retenti et les gens se sont mis à crier. Le metteur en scène Dominic Champagne, le conteur Fred Pellerin et la comédienne Marina Orsini se sont rapidement adressés à la foule depuis une nacelle donnant sur la place avant le départ de la marche en direction nord depuis la rue Bleury.

Vers 14h30, après avoir parcouru un kilomètre, la tête de la manifestation est arrivée devant la grande scène située sur l'avenue du Parc, entre les avenues du Mont-Royal et des Pins en vue de créer, vu du ciel, le plus grand arbre humain jamais réalisé sur la planète. Une heure et demie après le départ de la marche, la Place des Festivals était toujours pleine de monde.

Des animateurs de foule étaient présents pour amuser les marcheurs. (Crédit: Agence QMI)

«C'est une marche familiale, pour l'environnement, a expliqué Vanessa Roland, responsable des communications pour Jour de la Terre Québec. C'est apolitique. C'est positif.»

Ce rassemblement pacifique, dans lequel de nombreuses personnes arboraient le carré rouge en soutien du mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité, s'est déroulé dans une ambiance festive et bon enfant. Seul incident notable, des jeunes auraient jeté des roches sur la foule. Deux individus ont été arrêtés puis rapidement libérés.

Plusieurs personnalités connues étaient sur place, dont le chanteur Gilles Vigneault. (Crédit: Agence QMI)

Vers 16h, des manifestants ont commencé à rebrousser chemin et à quitter les lieux, tandis que sur scène, des personnalités prenaient la parole, comme Steven Guilbeau, d'Équiterre.

À l'arrière de la scène, on a pu apercevoir Roy Dupuis, Fred Pellerin, Joëlle Morin, Jacques Languiran, Stéphane Archambault (le chanteur de Mes Aieux), Michel Rivard, Richard Séguin, Boucar Diouf, Ariane Moffat, Jim Corcoran, Dan Bigras, Mario Jean, Gilles Vigneault, Damien Robitaille ou encore, l'une des personnalités médiatiques du moment, Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la CLASSE.

Le comédien et chanteur du groupe Mes Aïeux a été l'un des orateurs de la journée. (Crédit: Agence QMI)

Réflexions sur l'avenir de la planète

Les organisateurs espéraient que les festivités à travers le Québec soient un moment de réflexion.

«Je ne peux pas vous cacher que je suis très inquiet (à propos de l'avenir de la planète), a dit Jacques Languirand, porte-parole du Jour de la Terre du Québec. Malgré tout, je suis très heureux de la situation maintenant. On voit que le respect de l'environnement dans la société prend plus de place et on devient plus en plus sensibles.»

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a d'ailleurs organisé une signature symbolique du protocole de Kyoto, afin de dénoncer le retrait du Canada de Kyoto.

«Personne n'est d'accord avec M. Harper, dans le monde entier, encore plus au Québec. Tous les partis politiques sont contre et 89% de Québécois sont défavorables au retrait de Kyoto», a déclaré André Bélisle, président de l'AQLPA.

«Il faut poursuivre Kyoto. Nous avons un différend avec le gouvernement fédéral à ce sujet, a indiqué le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand. Le Québec n'a pas besoin du fédéral pour agir. Nous voulons être à moins 20% sous les niveaux de 1990 d'ici 2020. Nous avons une série de politiques. Nous aimerions que le fédéral soit plus ambitieux.»

Certains participants s'étaient costumés pour l'occasion. (Crédit: Agence QMI)

En ce Jour de la Terre, le ministre de l'Environnement, a tenté de démontrer la volonté du gouvernement libéral en matière d'environnement. «Le souci que nous avons est le souci des citoyens», a-t-il affirmé.

M. Bélisle croit que les politiciens doivent agir rapidement, sans diviser les citoyens. «Nous sommes dans une folie où on veut aller dans toutes les directions sans prendre le temps réfléchir», a-t-il dit.

Dénonciation et spectacle

Les opposants au gaz de schiste sont venus nombreux pour afficher leur position, comme le Comité mobilisation gaz de schiste de Saint-Ours, dans le Bas-Richelieu.

«Nous répondons à la déclaration du 22 avril de Dominic Champagne qui dénonce l'exploitation insensée de nos richesses, a expliqué la présidente de l'association, Ginette Cormier. Pour nous, il est important d'imposer la gratuité scolaire, avant la gratuité minière.»

Le mouvement contre la hausse des frais de scolarité a d'ailleurs lui aussi fait entendre sa voix.

«Nous sommes ici pour défendre le bien commun. Ce bien commun, c'est la Terre, mais c'est aussi la scolarité», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE, venu à la tête d'une délégation d'un millier d'étudiants.

(Crédit photo: Agence QMI)

La présence de ceux-ci a ainsi dissuadé le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, de participer au rassemblement.

Finalement, la marche s'est terminée pacifiquement sur les flancs du mont Royal aux abords du stade Perceval Molson et 600 bénévoles du Jour de la Terre Québec ont canalisé la foule afin de créer la forme d'un arbre vu du ciel avec des branches bleu, jaune, orange, blanche et verte.

Des artistes engagés concluent la marche

Des dizaines d'artistes se sont joints aux milliers de personnes rassemblés au pied du mont Royal, dans un spectacle marquant le point final du grand rassemblement.

Le metteur en scène Dominic Champagne a réussi un exploit en mobilisant de nombreux artistes de tous les milieux, présents bénévolement.

C'est devant une marée humaine que l'animateur Christian Vanasse, membre des Zapartistes, a invité des membres des premières Nations à s'exprimer en premier. Les comédiens Geneviève Rochette, Roy Dupuis, Céline Bonnier, en plus de Boucar Diouf, Fred Pellerin, Gilles Vigneault et le jeune Émilien Néron ont soulevé la foule avec des discours à saveur patriotique, incitant aux changements.

Le groupe Mes Aïeux a interprété la chanson Les oies sauvages, suivi d'Ariane Moffatt et de son ami Pierre Lapointe qui ont poursuivi dans les pièces de circonstance avec la chanson Nous aurons de Richard Desjardins. Samian a offert un texte écrit spécialement pour l'occasion, Slam sur le Plan Nord.

Les groupes Galaxie, Beast, les Douze hommes rapaillés, et la chanteuse Lisa Leblanc ont également offert des performances musicales.

La légendaire Diane Dufresne a causé une surprise émouvante, lorsqu'elle est montée sur scène à la toute fin pour interpréter Hymne à la beauté du monde.

Des artistes aussi bénévoles

Beaucoup de personnalités artistiques étaient sur place, sans participer au spectacle.

«Aujourd'hui, je suis ici avec mon cœur, a confié avec émotion le chanteur Daniel Boucher, qui ne montait pas sur scène. Le Québec n'est pas mort, il est très vivant, et je le constate avec soulagement.»

Le chanteur Vincent Vallières abordait aussi fièrement la mention «bénévole» dans son cou.

Étant connus par le public, ils sont conscients de l'impact de leurs paroles et gestes.

«Je suis humaine, comme tout le monde, mais j'ai un porte-voix qui porte plus, et je dois m'en servir, a confié Ariane Moffatt. Ça m'inspire à m'impliquer plus.»

Ils étaient plus d'une quarantaine d'artistes à avoir enregistré des capsules vidéos dans les dernières semaines pour inviter les gens à participer à la marche.

Avec plus de 150 000 visionnements et 300 000 personnes présentes au rassemblement, force est de constater que leur message a été entendu.

Le Jour de la Terre a été souligné la première fois le 22 avril 1970. À cette époque, le sénateur américain Gaylord Nelson encourageait ses étudiants à mettre sur pied des projets au sein de leur communauté afin de sensibiliser les gens à l'environnement.

L'événement est devenu planétaire en 1990 et le Québec s'est joint au mouvement en 1995.

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