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ManifsWiki.net voit le jour

La CLASSE retire son calendrier

Au lendemain de l'adoption de la loi spéciale, la CLASSE a joué la carte de la prudence en retirant de son site internet «Bloquons la hausse» le calendrier qui faisait état des manifestations étudiantes à venir. Qu'à cela ne tienne, car un nouveau service de diffusion d'informations sur les manifestations prévues au Québec - ManifsWiki.net - a vu le jour vendredi soir.

En vertu de la loi 78, adoptée vendredi par l'Assemblée nationale, une personne, un organisme ou un groupe qui organisent une manifestation de 50 personnes ou plus doit fournir par écrit aux policiers la date, l'heure, la durée, le lieu et l'itinéraire de leur marche, et ce, au moins huit heures avant le début du rassemblement. Les personnes ou groupes qui contreviendraient à cet article s'exposent à des sanctions.

La loi spéciale de Québec empêche aussi à quiconque de faire obstacle ou de nuire à la reprise des cours dans les cégeps et universités. Tout rassemblement se tenant à moins de 50 mètres des terrains d'un établissement d'enseignement est interdit.

Garder en ligne le calendrier des manifestations aurait pu être lourd de conséquences pour les représentants de la CLASSE, car la loi spéciale du gouvernement Charest prévoit des amendes salées pour les personnes ou groupes qui aideraient ou inciteraient «par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre» une autre personne à commettre une infraction visée par la loi 78. Pour les associations étudiantes comme la CLASSE, ces amendes peuvent grimper jusqu'à 125 000$.

Joint samedi après-midi, l'attaché de presse de la CLASSE, Renaud Poirier St-Pierre, n'a pas voulu confirmer pourquoi son association étudiante avait retiré le calendrier des manifestations à venir de son site web. Les membres de son association se réuniront dimanche en congrès pour discuter de la loi spéciale, a-t-il rappelé.

Un service anonyme

Des étudiants avaient promis vendredi qu'ils feraient preuve de créativité pour contourner la loi 78. Chose promise, chose due ! Les personnes désirant s'informer sur les manifestations à venir pourront maintenant se tourner vers le site ManifsWiki.net (@ManifsWiki.net), un service anonyme de diffusion d'informations sur les manifestations prévues au Québec, qui se dit lui-même «en compatibilité avec la loi 78».

Tout en relayant l'information sur les rassemblements prévus à l'échelle de la province, le site déconseille du même souffle d'y assister. «Nous conseillons d'éviter les manifs ci-bas mentionnées, en compatibilité avec la loi 78», écrit ManifsWiki.net sur son compte Twitter.

Loi contestée

Vendredi, tant la FEUQ, la FECQ et la CLASSE ont annoncé leur intention de contester la loi 78 devant les tribunaux. Une requête visant à contester la validité constitutionnelle de cette loi sera d'ailleurs déposée au terme du congé de trois jours, a confirmé la FECQ. La pétition mise en ligne par la fédération collégiale, au www.loi78.com, a connu un succès fulgurant. Samedi après-midi, plus de 150 000 personnes avaient joint le mouvement de contestation, selon la FECQ.

«On va essayer d'être le plus créatif possible pour contester cette loi», avait affirmé vendredi le porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois, qui n'excluait pas d'en appeler à la désobéissance civile.

«La réflexion va se poursuivre. On est dans un moment unique de notre histoire. Il va falloir une réponse d'exception à cette loi d'exception. Est-ce que nous allons appeler à désobéir à cette loi? C'est le genre de questions auxquelles nous allons répondre avec nos avocats durant la fin de semaine et notre congrès dimanche», avait-il ajouté.


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