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Des parents font tout pour leur fils

Atteint d'une tumeur inopérable

Une famille de Sainte-Rose-du-Nord au Saguenay vit une histoire unique, celle d'un garçon de 11 ans, Miro Angers, atteint d'une tumeur inopérable.

Ses parents ont abandonné études et travail parce que toute la famille s'est donnée comme mission de le rendre heureux pour les derniers mois de sa vie.

«Avec le temps qu'il nous reste, on arrête de travailler. On va s'occuper de nos enfants, on va le vivre ce temps-là» affirme Jean Angers, le père de Miro et éclairagiste de métier. «J'ai pas envie d'avoir des regrets. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On le vit et tant qu'à le vivre, on le vit avec le sourire.»

En octobre 2011, le diagnostic est tombé: tumeur inopérable au cerveau, au tronc cérébral.

«C'est une tumeur qui ne se guérit pas vraiment à moins qu'il se passe des miracles» explique Jean Angers avant de se tourner vers son fils, «tu sais dans notre vie, Miro, des miracles, ils s'en passent tout le temps.»

Miro n'a pas compris tout de suite qu'il lui restait 12 à 18 mois et que des traitements ne pouvaient rien faire, mais ses parents ont capté le message. Pas de tristesse et ils vont consacrer tout leur temps à leur fils.

«J'ai pleuré une fois au Manoir Ronald McDonald's en présence de Miro» admet sa mère, Nadine Laurin, qui a laissé ses études au doctorat en enseignement à l'Université du Québec à Chicoutimi. «Miro m'a dit, je ne veux pas te voir pleurer, ça me rend triste. Si lui est triste, on est triste et s'il est content, on n'y pense plus.»

Le père de Miro appuie. «Moi j'ai un but que je me suis fixé depuis octobre. Quand Miro se lève, il se lève avec un sourire et quand il s'endort, il s'endort avec un sourire.»

Pour garder ce sourire, depuis six mois, la vie de Miro est un tourbillon. À onze ans, il a assisté à plusieurs grands spectacles, visité cinq pays, vu sept versions différentes du Cirque du Soleil, Amsterdam, Las Vegas, le Grand Canyon, Walt Disney, un match du Canadien de Montréal, des Alouettes, le spectacle des Monster Trucks, celui de Prince, le Gala de l'ADISQ.

«Tous les projets, à moyen terme, vont se faire selon son état de santé» précise Nadine Laurin. «C'est aujourd'hui, ce n'est pas dans vingt ans, c'est aujourd'hui qu'il faut vivre des choses et pleinement, en plus. Le bonheur est dans le quotidien.»

Son conjoint est du même avis. «En vivant avec le sourire, ça dégénère moins vite aussi. On essaie que ce ne soit pas le centre de l'univers, ni que ce soit une attraction, mais qu'il vive tout simplement comme un autre enfant.»

En se retrouvant sans revenus, les parents de Miro ont vu naître un véritable élan de générosité, typique d'une petite communauté comme celle de Sainte-Rose-du-Nord. Des levées de fonds, des spectacles-bénéfices, des soupers spaghettis et des dons populaires leur ont permis de réaliser plusieurs des rêves de leur garçon.

«Tu vas mixer les mots petit village, enfant et très malade, ça va soulever une fibre chez tout le monde. Des fois, on reçoit des chèques par la poste de gens qu'on ne connait même pas. Et il n'y a pas de larmoiement. Tout le monde qui vient nous aider, c'est dans la bonne humeur» soutient Jean Angers.

«Financièrement, ça devient douloureux, mais on a des amis qui nous aident» explique madame Laurin qui évacue beaucoup d'émotions en peignant des tableaux. «On a des choses tellement difficiles à vivre. Il faut apprendre à faire du ménage dans ce que l'on veut et dans ce que l'on ne veut pas. Je m'organise pour ne jamais être seule parce que sinon, l'émotion m'envahit.»

Le prochain rêve, voir deux spectacles du Cirque du Soleil en Californie pour permettre à Miro, fasciné par le cirque, de voir les productions Iris et Kooza. Mais ce sera difficile en raison du manque d'argent. Miro comprend lui-même la situation. «Mais si on peut pas, bien on ne peut pas» dit-il en regardant son père.

Depuis deux semaines, Miro réalise la gravité de son état de santé, après avoir parlé avec son médecin. Il verse quelques larmes en parlant de sa maladie, mais ses parents ne sont jamais bien loin pour lui redonner le sourire.

«Il a compris que c'était la fin, qu'il était en fin de vie» explique sa mère. Jean Angers ne laissera jamais tombé son petit garçon. «On est soudé par l'amour, hein Miro? Moi je l'aime mon garçon, et c'est pour ça qu'on s'amuse bien.»

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