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La France surveille le «démembreur sodomite canadien»

Luka Rocco Magnotta en fuite

Éric Thibault

Consultez la chronologie de cette affaire

La possibilité que Luka Rocco Magnotta puisse se terrer en France a enflammé les médias et les internautes de ce pays, où on le surnomme déjà «Le démembreur sodomite canadien» ou «Le tueur pervers de Montréal».

La nouvelle «a immédiatement été la plus consultée par nos internautes et a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter», a témoigné, hier, le journaliste Julien Ménielle, du quotidien gratuit 20 Minutes, le plus lu en France.

Boule de neige

D'abord vue comme une lointaine curiosité morbide, cette affaire a fait boule de neige dans les médias européens dès que la plus importante agence policière au monde, Interpol, a lancé un avis de recherche en placardant la photo de l'acteur porno montréalais sur la page d'accueil de son site Web, hier.

«L'intérêt a encore bondi à un niveau supérieur quand l'information selon laquelle Luka Rocco Magnotta pourrait avoir fui vers la France a été révélée», a ajouté M. Ménielle au Journal.

Il a dit croire que «l'écho médiatique» pourrait «l'amplifier» puisqu'en raison du décalage horaire, cette information n'est parvenue en France qu'en mi-journée.

Au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on a des éléments de preuve laissant croire que Magnotta ait pu s'envoler en direction de la France, samedi. Sur sa page MySpace, Magnotta a déjà publié des photos où il posait près de la tour Eiffel, du Louvre et du Moulin Rouge, lors d'un voyage fait en 2010.

Selon la journaliste Amélie Dupuy, du quotidien Le Parisien, les forces de l'ordre françaises sont aux aguets et prennent ces renseignements au sérieux. «Il n'y a pas eu d'affolement, même si l'affaire prend de l'ampleur.»

Un bon coup

François Doré, policier retraité de la Sûreté du Québec (SQ) qui a passé près de quatre ans chez Interpol, estime que la pression risque d'être forte sur le fuyard, maintenant que les médias de la France et d'autres pays européens sont embarqués dans cette chasse à l'homme.

«Interpol a avisé le monde entier que cet individu était recherché, a observé l'ex-officier comptant 33 ans de service. Si Interpol a réagi aussi rapidement à la demande du SPVM, c'est que le dossier est solide. C'est la meilleure chose que le SPVM pouvait faire.»

Selon lui, les enquêteurs du SPVM ont possiblement même eu «des contacts directs» avec leurs homologues français « pour les sensibiliser » à l'urgence de la situation.

M. Doré a représenté la SQ au bureau national d'Interpol à Ottawa de 1999 à 2002. «C'est un canal de communication très efficace pour faire le lien avec les corps policiers d'outre-mer.»

Luka Magnotta est maintenant visé par un «code rouge» dans 190 pays dans le monde.

«Dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, c'est un peu l'équivalent d'un mandat d'arrestation. Ça permet aux policiers de détenir le fugitif en attendant que les policiers de Montréal aillent le chercher, en vertu d'une demande d'extradition du Canada, ce qui peut se faire en quelques jours», a-t-il dit.