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Opération nettoyage dans l'appartement du «dépeceur»

Effacer l'inoubliable

Cynthia Laflamme

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L'opération nettoyage avait commencé, hier, pour faire disparaître les vestiges d'un meurtre qui marquera à jamais l'imaginaire.

On aperçoit à droite le matelas taché de sang. C'est avec horreur que quelques locataires qui travaillent pour le propriétaire ont nettoyé l'appartement du plancher au plafond.

Mike Nadeau, le concierge de l'immeuble, est conscient que plusieurs locataires sont effrayés. Crédit: AFP

Ils ont dû arracher le tapis maculé de sang, nettoyer et sortir le réfrigérateur et évacuer le matelas sur lequel la victime a été tuée et démembrée. Des tâches qui ont dégoûté les ouvriers.

Crédit: Reuters

Passer l'éponge

Les locataires espèrent tourner la page sur un événement des plus morbides avec cette corvée peu ragoûtante. Par contre, l'arrivée de curieux et la foule de journalistes aux portes de l'immeuble sont là pour leur rappeler que l'éponge ne sera pas si facile à passer.

Le nouvel attrait pour les passants : l'amas de détritus provenant du désormais mythique appartement. Dehors, place Lucy, on retrouve le matelas maculé de sang.

En après-midi, jeudi, les automobilistes ralentissaient au passage. Un comptable a même profité de sa journée de congé pour venir observer la scène avec des enfants qu'il connaissait.

L'odieux de ce crime a des répercussions sur de nombreux locataires dans ce bloc de 59 unités. «La plupart des gens sont effrayés», évoque en anglais Mike Nadeau. Il est l'un des deux hommes qui ont ouvert la valise contenant le tronc de la victime. «Quelques personnes veulent partir.»

Sur l'un des murs de l'appartement, on peut lire «Si tu n'aimes pas la réflexion, ne regarde pas dans le miroir. Je m'en fous.» Crédit: Reuters

L'un des voisins immédiats de Luka Rocco Magnotta dit ne pas avoir dormi depuis la découverte de la valise.

«Cr... de fou !»

«C'est l'appartement juste à côté, comment vous vous sentiriez ?, demande-t-il. C'était quand même un meurtre crapuleux. Cr..., il l'a tranché à mort, en morceaux ! Cr... de fou !»

Ce voisin est troublé de n'avoir rien entendu, parce que le lit de Magnotta est collé à leur mur mitoyen.

«J'ai entendu presque tous les bruits qu'ils ont faits [ pour nettoyer]. La journée, le soir où il a fait ça, je n'ai rien entendu...»

Malgré son dégoût, il ne veut pas partir.

Kelly fait partie des nettoyeurs. Elle craint d'avoir du mal à dormir après avoir enlevé des bouts de peau sur la paroi du réfrigérateur.

Elle a aussi retrouvé des morceaux d'os dont la nature est inconnue, dans le drain du bain.

Voisin de palier, Richard Payette explique avoir déjà croisé Magnotta à quelques reprises. «Au pire il était antisocial, et au mieux il était solitaire.»

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