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«Il était vraiment inquiétant» explique un journaliste britannique

Affaire Luka Rocco Magnotta

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La sécurité a été relevée d'un cran aux bureaux londoniens du tabloïd britannique «The Sun», alors que des informations laissent présager que Luka Rocco Magnotta aurait pris l'avion vers l'Europe. Un des reporters du journal raconte avoir été menacé personnellement, dans un courriel, par le présumé meurtrier.

Ce reporter anglais, Alex West, avait mis la police en garde contre Magnotta six mois avant que l'étudiant chinois ne soit assassiné, cannibalisé et démembré à Montréal.

Malgré tout, le journaliste, qui œuvre au «The Sun» depuis cinq ans, dit ne pas craindre pour sa sécurité.

«Viendra-t-il s'en prendre à moi? Je ne m'en fais pas particulièrement avec ça», a dit Alex West en entrevue avec l'Agence QMI.

Le journaliste britannique avait rencontré Magnotta l'an dernier.

«Il n'est pas très menaçant physiquement, il est assez fluet», a-t-il confié.

Le journaliste avait filé Magnotta jusqu'à son hôtel de Londres pour le confronter à savoir s'il était l'auteur d'une vidéo mise en ligne où l'on voyait des chatons se faire dévorer par un python.

«Il était vraiment inquiétant», a raconté M. West, ajoutant qu'il a immédiatement senti qu'il y avait quelque chose d'anormal avec le jeune homme.

Même si Magnotta a nié être l'auteur de la vidéo, il se comportait de façon étrange et appréciait visiblement l'attention dont il faisait l'objet.

Le reporter n'était que vaguement au courant à l'époque des multiples identités dont s'est affublées Magnotta sur le web, mais, selon lui, le personnage qu'il s'est créé sur internet n'a rien à voir avec la personne réelle avec qui il a eu un bref et déconcertant entretien d'une vingtaine de minutes.

«Il était solitaire, vivant reclus dans cet hôtel bas de gamme», a-t-il raconté.

Tout de suite après que son photographe et lui eurent quitté Magnotta, deux policiers sont venus chercher le jeune homme.

Le journaliste a alors cru que le jeune homme faisait l'objet d'une enquête pour les mises à mort de chatons, mais il a appris plus tard que les policiers étaient venus évincer Magnotta de l'hôtel, à la demande du gérant.

Deux jours plus tard, «The Sun» a reçu un courriel de la part de quelqu'un utilisant le nom d'une victime de meurtre et disant comment il planifiait commencer à tuer des humains plutôt que des animaux.

M. West a tout de suite pensé qu'il s'agissait de Magnotta. Le journaliste n'a pas révélé l'entièreté du courriel en entrevue avec l'Agence QMI, mais il a affirmé qu'il s'agit d'une description dans les moindres détails de choses que l'expéditeur voulait lui faire, des actes sexuels d'une violence inouïe.

L'expéditeur concluait en disant qu'il devait disparaître pour quelque temps, «mais la prochaine fois que tu entendras parler de moi, ce sera dans un vidéo que je produis et qui contiendra des humains, pas juste des animaux».

Le journaliste a remis le courriel à la police peu de temps après.

La police n'a pas pris les craintes du journaliste au sérieux, tout comme les autorités canadiennes et américaines n'ont pas considéré l'appel d'un citoyen du Montana qui était inquiet après avoir vu la vidéo désormais célèbre, où l'on peut voir la victime présumée de Magnotta être dépecée. Celle-ci a été identifiée depuis comme étant Jun Lin, un étudiant chinois âgé de 33 ans.

M. West a dit avoir oublié Magnotta par la suite et avoir vraiment eu un choc quand il a vu l'histoire éclater cette semaine, constatant qu'il s'agissait du même homme.

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