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Un invité chez Magnotta le soir du meurtre

Traque mondiale pour «le dépeceur»

Mélanie Colleu

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À l'affiche du Train de la Terreur tourné à Montréal en 1980, Derek Mackinnon découpait en morceaux l'une de ses victimes. Trente-deux ans plus tard, l'acteur se trouve avoir été le plus proche voisin du «démembreur canadien».

La ressemblance entre le meurtre sordide dont est soupçonné Luka Rocco Magnotta et l'un des crimes fictifs commis par Derek Mackinnon, dans un film d'épouvante est trop forte pour n'être qu'une simple coïncidence, estime l'acteur.

D'autant plus que Mackinnon habitait juste au-dessus de chez Luka Magnotta, activement recherché pour avoir tué et démembré Jun Lin, un étudiant chinois de 32 ans, dans la nuit du 24 au 25 mai à Montréal.

Dans Le Train de la Terreur, du réalisateur canadien Roger Spottiswoode, Derek Mackinnon joue le rôle d'un tueur en série schizophrène et sanguinaire, aux côtés de Jamie Lee Curtis, David Copperfield et Ben Johnson.

«Je tue 11 personnes, mon apparence change sans arrêt et je découpe une victime, raconte-t-il. La similitude est quand même assez grande... En revanche, je n'ai pas envoyé de membres dans des colis ni posté mes horreurs sur la toile.»

«The porn star»

L'acteur de 56 ans affirme être le seul résident de l'immeuble à qui Luka Magnotta parlait de temps en temps, notamment de cinéma.

«Je savais qu'il avait joué dans des films pornographiques. D'ailleurs, tout le monde le savait dans le bloc. Il était surnommé ''The porn star''.»

Fin avril, Derek Mackinnon tente alors d'engager la conversation avec Magnotta dans le couloir.

«Il a été très surpris et très froid. Mais nous avons finalement commencé à parler de l'industrie cinématographique», confie-t-il.

«Je suis sûr qu'il est allé voir qui j'étais sur Internet, puisque quelques jours plus tard, il m'a demandé des conseils pour quitter le milieu du film porno et décrocher des rôles dans de vraies productions», explique-t-il.

Il n'a jamais vu la victime

Derek Mackinnon n'a pas dormi beaucoup depuis la découverte du tronc de Jun Lin dans une valise fermée au pied de l'édifice.

Comme plusieurs, il a déménagé presque aussitôt pour tenter d'oublier cette histoire. Et tenter d'oublier qu'il aurait pu être à la place de la victime.

«Le soir où ça s'est produit, Magnotta m'avait invité à passer la soirée chez lui pour parler plus longuement de cinéma. J'étais occupé alors j'ai décliné», rapporte-t-il, ajoutant qu'il n'avait jamais vu la victime.

Mackinnon a croisé une dernière fois Luka Magnotta le lendemain, alors que ce dernier s'apprêtait à quitter les lieux.

«Il n'avait pas de valise et portait une perruque rouge. La veille, ses cheveux étaient très noirs. Un vrai caméléon», relève-t-il.

Doigt dans les toilettes

Résident de l'autre côté de la rue, Edward Tibbo a lui aussi rencontré Magnotta à plusieurs reprises, sans que les deux hommes n'échangent un seul mot.

«Il y a vraiment des gens bizarres dans ce bloc, à commencer par le propriétaire. Une des filles qui a nettoyé le studio de Magnotta m'a raconté que le proprio souhaitait réutiliser le réfrigérateur et le sommier, alors qu'ils ont été tachés de sang. C'est juste horrible. En nettoyant, elle a même trouvé un doigt dans les toilettes...»

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