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Un référendum sur la souveraineté pour la Saint-Jean

Auvote.com

Pierre-Olivier Zappa

Les Québécois pourront se prononcer sur la question de la souveraineté dès lundi prochain à l'occasion du premier référendum virtuel organisé par Auvote.com.

L'initiative lancée par Samuelle Ducrocq-Henry, professeure à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, connaît déjà un succès viral sur le Web. Plus de 50 000 internautes ont visité ce bureau de scrutin virtuel au cours des derniers jours.

Le concept d'Auvote, calqué sur son cousin français cmonvote, est d'organiser des élections virtuelles chaque semaine pour sonder le pouls des Québécois. «C'est un outil de la nouvelle politique qui a une visée participative», fait valoir la conceptrice, étonnée par le succès précoce de la plateforme.

«Les résultats du vote sont publiés en temps réel, ce qui permet aux électeurs de réaliser l'impact de leur voix sur la démocratie et sur l'issue d'un scrutin», souligne-t-elle. Le vote s'effectue en un clic, gratuit et anonyme.

Les organisateurs du référendum virtuel s'attendent à une participation massive des Québécois la semaine prochaine. «Nous prévoyons recueillir au moins 50 000 votes au cours de la semaine. Mais plusieurs pensent que nous dépasserons largement cet objectif», confie Mme Ducrocq-Henry, consciente de l'engouement du public pour le projet.

Un imposant dispositif de sécurité informatique a été mis en œuvre pour assurer l'anonymat des internautes et la crédibilité des résultats. «Un internaute ne peut voter à deux reprises de sa machine lors d'un même scrutin et il doit se trouver en sol québécois», explique Jonathan Marcil, un consultant en sécurité informatique qui s'implique activement dans l'organisation du scrutin virtuel.

Couleurs politiques

En avril dernier, la responsable du site Web, Samuelle Ducrocq-Henry, a annoncé qu'elle défendra les couleurs d'Option nationale à l'occasion de la prochaine campagne électorale. Elle précise toutefois que Auvote.com, qui affiche tout résultat en direct, relève d'une démarche universitaire et non partisane.

«Nous jouons la carte de la transparence et notre objectif est de donner la parole au citoyen pour lutter contre l'abstentionnisme aux élections. J'assume ce projet sous mon chapeau de chercheur en mettant mes opinions politiques de côté», assure-t-elle.

Lancé le 7 juin dernier, Auvote.com a déjà suscité nombre de commentaires et de discussions sur la Toile. Deux centres de recherche universitaire ont également signalé leur intérêt pour l'initiative. «On espère que ça parlera politique à la Saint-Jean», lance Mme Ducrocq-Henry avec un brin d'humour, néanmoins consciente du défi technologique que représente un tel exercice.