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Travailleurs immigrants: «Un peu comme leur Baie-James»

Producteurs agricoles

Ils sont Mexicains ou Guatémaltèques et sont de plus en plus nombreux. Ils sont dans les champs, les vignes, les vergers québécois lors de la belle saison.

Ils sont Mexicains ou Guatémaltèques et sont de plus en plus nombreux. Ils sont dans les champs, les vignes, les vergers québécois lors de la belle saison. Ces travailleurs viennent tous faire un coup d'argent pendant six mois puis repartent vers leur pays.

« Je viens ici, car le travail n'est pas si difficile et je peux faire beaucoup plus d'argent. C'est excellent pour ma famille », a indiqué Rocael, un des travailleurs rencontrés dans un pommier de la Ferme CMJI de Rougemont.

Pour ce Guatémaltèque qui vient au Québec depuis cinq ans, la mathématique est plus forte que les sentiments. Il s'ennuie à mourir de sa famille, mais il touche entre 90 et 100 $ pour une journée à la ferme (soit le salaire minimum). Dans son pays, ce serait plutôt un salaire d'environ 10 $ la journée qu'il empocherait pour le même travail.

Fernando a réglé le problème. Cette année, il est venu avec son fils qui l'aide. «Je suis content de travailler avec mon père, a-t-il dit. C'est vraiment un avantage pour moi. Il m'a dit que le Québec était beau et que c'était intéressant de travailler ici.»

Un autre travailleur a dit venir au Québec pour aider ses enfants à faire leur chemin dans la vie. «Ils vont à l'école, j'essaie de les aider, a-t-il affirmé. Je m'ennuie toutefois de ma famille, j'appelle tous les jours au Guatemala.»

André Lamarre, qui s'occupe des activités de la ferme, a dressé un parallèle avec les travailleurs québécois qui partaient dans le Nord participer au développement hydroélectrique.

«C'est un peu comme leur Baie-James, a-t-il mentionné. Ils viennent ici plusieurs mois pour faire de l'argent et repartent après.»

Drapeau du Guatemala

À la ferme CMJI, c'est donc un petit Guatemala City qui a été créé. Le drapeau bleu azur du pays flotte où se trouve la demeure des travailleurs, une ancienne maison pour frères.

Un terrain de soccer a été aménagé. Les Guatémaltèques y jouent surtout la fin de semaine. Dans le village de Rougemont, tout le monde les connaît.

Et leur nombre augmente chaque année. Ils étaient environ 7500 l'an passé. Le nombre devrait dépasser 8000 cette année, une hausse anticipée d'environ 10 %, selon les chiffres fournis par la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'œuvre agricole étrangère (FERME).

«Chaque année, le nombre de Québécois qui s'implique en agriculture diminue, a souligné le directeur général de la fondation. René Mantha. C'est la tendance lourde. Avec le coût de la vie qui augmente, tout le monde souhaite obtenir un emploi plus payant et permanent. Mais les emplois saisonniers vont demeurer et il faut trouver de la main-d'œuvre.»

Véronique Decelle s'occupe des travailleurs immigrants à la ferme CMIJ. Elle maîtrise l'espagnol et d'intermédiaire avec leur employeur. Elle confirme les difficultés des employeurs de trouver de la main-d'œuvre.

«Il faut faire appel à ces travailleurs, a-t-elle dit [...] On s'occupe de tout. On paye le billet d'avion, on les acclimate à la vie québécoise, on leur montre comment fonctionne leur carte de guichet».

De bons travailleurs

Selon elle, la main d'œuvre latino-américaine est composée de bons travailleurs : « Ils sont habitués au travail manuel, c'est bien rare qu'ils ne [soient] pas bons ».

«Il y a encore beaucoup de méconnaissance entourant ces travailleurs, a-t-elle ajouté. On entend toutes sortes de choses. Mais ce n'est pas vrai que c'est du "cheap labor", des esclaves. Nos travailleurs sont bien traités.»


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