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Que dit son non-verbal?

Cynthia Laflamme

Le corps parle, malgré le contrôle qu'une personne tente d'en faire. C'est pourquoi l'Agence QMI a fait appel à Annabelle Boyer, synergologue, afin d'analyser le langage corporel de Luka Rocco Magnotta. La communication passe par trois canaux, dont la parole et le ton de la voix, mais à 55% par le non-verbal.

Mme Boyer a visionné à plusieurs reprises la vidéo fournie par le SPVM lors de l'arrivée de l'accusé à l'aéroport de Mirabel. Voici des extraits de son rapport d'analyse.

Descente de l'avion

«Le visage de M. Magnotta est plutôt détendu. Il n'y a pas de signes flagrants de colère, d'angoisse ou de tristesse. On dirait plutôt qu'il est ailleurs, qu'il est absent. Il y a très peu de clignements de paupières indiquant qu'il y a peu de réflexions ou d'activités cérébrales.»

«À sa sortie de l'avion, on voit une légère crispation de la bouche, une sorte de rictus, difficile à analyser à cette distance. Ça peut ressembler à un petit sourire. Cependant, il y a une crispation au niveau du cou, alors j'opterais davantage pour un signe de malaise, de difficulté à accepter ou de frustration.»

«Il marche vers la voiture de police, ses jambes sont plus proches l'une de l'autre, comme s'il marchait dans un étroit corridor. C'est souvent une démarche que l'on retrouve chez quelqu'un qui a été victime d'intimidation ou de violence durant l'enfance.»

«C'est une démarche de soumission. Ses yeux ont perdu totalement leur expression habituelle de confiance, de charme et d'intensité. Le sourcil droit i ntérieur remonte légèrement, mais le gauche ne semble pas le suivre. La bouche à demi- fermée aussi. Il se coupe du monde. Les épaules ne sont pas particulièrement crispées. Il semble "absent"».

Courtoisie SPVM

Impassible

«Ce qui est très particulier, quand il prend place dans le véhicule, c'est qu'il demeure droit. Très souvent, c'est à cet instant que les gens "craquent". Pas lui.»

«À la sortie du véhicule, il ferme les yeux un instant. Il se coupe possiblement de la réalité. Il passe rapidement la langue sur sa lèvre inférieure puis pince les lèvres. Il est possible qu'il retienne ses propos. Il attend le signal des policiers pour avancer, ne prend pas d'initiatives. Durant tout le transfert, c'est plutôt un regard absent qu'il affiche.»

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