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Pavillon Rousseau à Québec : une saga qui coûte cher

TVA Nouvelles

(Photo: Archives)

Johanne Roy
Le Journal de Québec

Alors que l'IUCPQ (hôpital Laval) a déjà englouti des milliers de dollars dans des travaux totalement inutiles au pavillon Rousseau, le bâtiment désaffecté depuis juillet 2011 ne sera pas reconstruit avant cinq ans, non sans avoir occasionné d'autres frais importants.

« Rien n'a bougé depuis un an. C'est une grosse coquille vide. L'établissement attend l'enveloppe budgétaire pour sa démolition. Il y a des fenêtres flambant neuves à la grandeur de l'édifice. L'entrepreneur va pouvoir les emporter », dénonce le président du syndicat SCFP des employés de l'IUCPQ, Pierre Soucy.

L'édifice de trois étages, érigé en 1930, avait subi des transformations de plus de quatre millions lorsque le chantier a été arrêté à l'hiver 2011, après qu'on eut décelé des faiblesses de structure majeures.

Au cours des mois précédents, on avait refait le toit, changé toutes les fenêtres et rénové à grands frais les cages d'escalier extérieures. La plomberie et l'électricité avaient également été remises à neuf, au moment où le bâtiment entier a été jugé non sécuritaire et vidé de tous ses occupants.

« Gaspillage »

M. Soucy n'hésite pas à parler d'improvisation et de gaspillage pur et simple dans toute cette saga du pavillon Rousseau. Il s'explique mal que les gestionnaires de l'hôpital ne se soient pas assurés de l'état du bâtiment avant d'entreprendre des travaux de réfection qui devaient se chiffrer à près de huit millions.

« On tourne en rond. Personne n'a été blâmé et ce sont les contribuables qui paient la facture », s'insurge-t-il.

La direction de l'IUCPQ maintient, de son côté, qu'il n'y avait aucun défaut apparent. Il était donc impossible de détecter ces défaillances structurelles avant que l'on enlève les murs.

Effet domino

« Aucune décision finale n'a été prise concernant l'avenir du pavillon Rousseau. L'une des perspectives laisse entrevoir une construction neuve, mais pas avant cinq ans, dans le cadre d'un projet global de développement immobilier », précise un porte-parole de l'hôpital, Joël Clément.

Le coût de démolition du pavillon Rousseau est évalué à 1,5 million. D'ici là, les frais de maintien du bâtiment, éclairage de sécurité et chauffage minimal, s'élèvent à environ 7 000 $ annuellement.

Sur six ans, plus de 40 000 $ auront ainsi été dépensés en pure perte. C'est sans compter les coûts de construction d'un nouvel édifice estimés à plus de 20 millions.

Au niveau de l'organisation des soins, la désaffectation du pavillon Rousseau cause également des maux de tête à la direction. Il a fallu déménager différentes activités, notamment l'unité de débordement de l'urgence, dans différents secteurs de l'hôpital où l'espace est déjà plus que restreint.