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Déraillement d'un train de l'AMT: des rails trop usés

Exclusif TVA Nouvelles

Les rails de la ligne Mont-Saint-Hilaire présenteraient des signes de fatigue et de la détérioration à certains endroits. C'est ce que confirme un document confidentiel sur lequel TVA Nouvelles a mis la main.

La voie ferrée du Canadien National (CN) serait particulièrement usée à la Gare Centrale de Montréal, trop pour supporter une locomotive aussi puissante que la nouvelle bimode de l'Agence métropolitaine de transport (AMT).

Des centaines de millions de dollars perdus

Le nouveau modèle roulait depuis cinq jours seulement sur la ligne Mont-Saint-Hilaire, quand elle a déraillé à l'entrée de la Gare Centrale de Montréal, le 9 décembre 2011.

Heureusement, l'incident n'a fait aucun blessé parmi les passagers, mais depuis sept mois, le Bureau de la sécurité des transports (BST) fait enquête.

Pendant ce temps, le CN refuse que les bimodes circulent sur ses rails. Les 17 modèles livrés à l'AMT sont donc entreposés dans un garage.

Grâce à une demande d'accès à l'information, nous avons calculé l'argent que perd l'Agence métropolitaine de transport avec cette histoire. La vingtaine de locomotives vaut 200 millions de dollars.

Pour les remplacer, l'AMT doit louer un autre modèle. Le total de la facture en date d'aujourd'hui s'élève à 300 000$ et la location va sûrement durer encore plusieurs mois puisque les enquêtes du BST nécessitent souvent une année complète.

Plus d'inspections nécessaires

«La force latérale exercée par la bimode est plus grande, ce qui pourrait créer plus d'usure des rails au fil du temps», indique l'enquête interne réalisée par l'AMT, le CN et leurs partenaires. Comme les anciennes locomotives étaient moins puissantes, la voie ferrée du CN pouvait les supporter sans problème.

Le document recommande donc des inspections visuelles deux fois par semaine. L'AMT devrait aussi apporter des modifications aux roues de ses bimodes. Ainsi, il est peu probable qu'un autre déraillement se produise, concluent les experts.

Ni l'Agence métropolitaine de transport, ni le CN n'ont voulu nous accorder une entrevue. En raison de leur litige, ils préfèrent attendre les résultats de l'enquête publique du Bureau de la sécurité des transports. Le CN nous indique cependant par courriel «que son infrastructure est sécuritaire et adaptée aux équipements de l'AMT.»

*Certaines images utilisées pour ce reportage sont une gracieuseté de la chaîne YouTube Montreal Train Channel