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«Je capotais!» - un témoin

Automobiliste tiré par la police

TVA Nouvelles

Yannick Laplante n'en revient toujours pas de la scène à laquelle il a assisté dans le Vieux-Port de Montréal, dans la nuit de vendredi à samedi, alors qu'un automobiliste a été tiré par un policier lors d'une interpellation qui a mal tourné.

Tout comme l'homme de 24 ans, qui a été blessé par un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Yannick Laplante venait tout juste de regagner la terre ferme après une croisière nocturne plutôt mouvementée sur le Saint-Laurent. Le SPVM avait été appelé afin que tout se déroule dans l'ordre une fois à quai.

«Il était 2h30 ou 3 heures. J'étais à côté des policiers. J'ai vu un pick-up qui faisait un petit burn en sortant du stationnement. J'ai trouvé ça comique en me disant qu'il ne voyait pas la police. Quand il a fait son stop, le policier a crié après pour l'arrêter, il a sauté sur le marchepied. Le gars ne s'est pas arrêté et le policier a sorti son gun. Il a tiré deux coups de feu», a expliqué le témoin de la scène à Claude Poirier lors du Vrai négociateur, lundi matin.

Contrairement à ce qui a été avancé, Yannick Laplante soutient que le policier du SPVM n'a pas été traîné par le Ford F-150, mais que l'agent est demeuré sur le marchepied du véhicule.

«Il ne l'a pas traîné, mais il a roulé sur plusieurs mètres après [les coups de feu]. Il aurait pu débarquer. Quand le pick-up est parti, il est resté accroché. Je suis parti à courir après le pick-up, je capotais!»

(Photo Agence QMI)

Poivre de Cayenne

Le jeune homme a également raconté à Claude Poirier qu'une fois le véhicule immobilisé, les policiers sont venus en renfort à leur collègue et, toujours selon ses dires, de façon plutôt musclée.

«Il y avait des jeunes filles qui sont sorties en pleurant du pick-up et le passager. Ils ont vite été maîtrisés au sol. J'essayais de voir si le gars était mort, a poursuivi le témoin. La foule est arrivée et les policiers les ont matraqué et shooté avec du poivre de Cayenne, car la foule devenait de plus en plus en colère», prétend Yannick Laplante.

Il allègue même qu'un badaud qui filmait avec son cellulaire dans la rue s'est «fait prendre au collet et arrêter».

«Ma voiture était dans la scène de crime. Je ne pouvais plus sortir de là. C'était la panique. C'était assez violent. C'était abusif. Les policiers s'étaient cachés pour attraper du monde chaud [après la croisière]», déplore M. Laplante qui affirme que les forces de l'ordre n'ont pas tenté d'obtenir son témoignage.

«Les policiers n'avaient pas l'air à chercher des témoins. Ils avaient plus l'air à vouloir faire fuir le monde.»

Enquête de la SQ

Le conducteur a été blessé au haut du corps par un ou des coups de feu, selon Daniel Thibodeau, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ). «On ne craint pas pour sa vie, précise le policier, et l'agent impliqué a été traité pour un choc nerveux.»

L'enquête indépendante a été confiée à la Sûreté du Québec (SQ) puisque le conducteur du Ford F-150 a été blessé par un policier du SPVM.

«On a rencontré plusieurs témoins, il en reste à rencontrer. Une fois que notre rapport sera complété, il sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui aura à se pencher sur de possibles accusations», conclut Daniel Thibodeau.

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