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Les ciné-parcs passent de la bobine au disque dur

TVA Nouvelles

Photo : Agence QMI

Maude Dufour-Gauthier
Agence QMI

D'ici l'automne 2013, la pellicule 35 mm devrait disparaître des cinémas et des ciné-parcs pour faire place au numérique. C'est le cas notamment du Ciné-parc St-Hilaire qui fera le saut dans l'ère numérique, en avril 2013, troquant sa bobine contre un disque dur.

«Les gens viennent nous voir et nous demandent si on va fermer à cause du numérique […] On est là pour rester», a affirmé Clément Longpré, propriétaire associé du Ciné-parc St-Hilaire depuis près de huit ans.

Pour les familles

Selon M. Longpré, la conversion devrait coûter près de 100 000 $ par écran. «C'est ça ou bien on ferme», a-t-il fait savoir, ajoutant que son établissement était assez rentable pour pouvoir se le permettre.

Heureusement, les automobilistes-cinéphiles de la région fréquentent encore régulièrement l'endroit. «Le maximum que ça peut coûter par voiture, c'est 24 $, a-t-il expliqué. Ce n'est pas cher et c'est très familial ici.»

Dans les soirées de première, entre 1000 et 2000 voitures peuvent se présenter au guichet du Ciné-parc St-Hilaire. «Quand on avait à l'affiche sur un écran les films “Cars 2” et “Pirates des caraïbes”, on a dû fermer l'accès, parce qu'il n'y avait plus de place», a-t-il affirmé.

Se convertir

Depuis environ deux ans, peu à peu, les cinémas se convertissent au numérique. C'est donc sans surprise que Clément Longpré a appris que la pellicule 35 mm allait disparaître d'ici septembre 2013. «De toute façon, il y a de moins en moins de films qui sont aussi produits en pellicule, a-t-il dit. Ça nous donnait moins de choix.»

Si le numérique est relativement facile à installer dans l'établissement, la voie vers le 3D est impossible à prendre. Selon M. Longpré, les écrans des ciné-parcs sont trop loin des projecteurs pour qu'un système 3D puisse fonctionner adéquatement.

Pourtant, cela ne posera pas problème, a-t-il ajouté. «Les gens ne viennent pas ici pour regarder un film 3D, ce n'est pas le but», a-t-il expliqué, conscient que malgré toutes les avancées technologiques, le ciné-parc restera une expérience en soi.

Les heures sont comptées

Dans la province, les ciné-parcs ferment un à un, laissant derrière eux des terrains vagues très alléchants pour les projets immobiliers. Malgré tout, des familles de la Montérégie fréquentent encore assidûment les cinémas en plein air, leur assurant une certaine durabilité.

C'est le cas, par exemple, du Ciné-parc St-Hilaire, qui a ouvert ses portes dans les années 1970, et qui mise sur les jeunes familles. «On essaie de toujours avoir un film d'animation dans nos choix, si possible», a souligné Clément Longpré, propriétaire associé avec André Monette, depuis près de 8 ans.

Un point de non-retour

L'ère du numérique a sonné le glas de l'inéluctable déclin des cinémas en plein air. Sa popularité est aussi en baisse parce que les cinémas évoluent sans cesse. Arcades, bancs de type D-Box, écrans et lunettes 3D, une tonne de services y sont offerts et c'est de plus en plus difficile de rivaliser.

«Le cinéma, c'est se payer du luxe, a mentionné Clément Longpré. Les gens là-bas ont le droit de chialer, parce que ça leur coûte cher, mais ici, on a des clients faciles. Ils ne s'attendent pas à la même chose quand ils viennent ici.»

Le ciné-parc de Mont-Saint-Hilaire est ouvert sept jours sur sept jusqu'en septembre et compte plus de 1100 places de stationnement.

À cause des projets résidentiels

Ces dernières années, plusieurs cinémas en plein air ont fermé leurs portes, notamment à cause de l'augmentation constante de la valeur de leur terrain. Ce fut le cas, entre autres, du Ciné-parc Châteauguay, en 2006.

Clément Longpré n'est pas surpris de cette situation. «De plus en plus de propriétaires de ciné-parcs se voient offrir des sommes faramineuses pour leur terrain, souvent situé près de futures zones de développement urbain, a-t-il souligné. Prenez seulement l'exemple du ciné-parc de Boucherville, qui est situé en plein dans la zone commerciale. Un terrain comme celui-là vaut une fortune!»

La liste des ciné-parcs toujours ouverts aujourd'hui est beaucoup plus courte que celle des établissements fermés. Outre le Ciné-parc Boucherville et le Ciné-parc Saint-Hilaire, huit autres établissements sont toujours fonctionnels au Québec. Une trentaine de sites ont été abandonnés, démolis ou ont tout simplement changé de vocation.