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Lancement des Bixi à New York : retards et bisbilles

TVA Nouvelles

(Photo: Agence QMI)

Andrew McIntosh
Agence QMI

Le puissant maire de New York, Michael Bloomberg, a affirmé publiquement que le report du lancement du vélo en libre-service à New York, prévu pour juillet, a été causé par de sérieux problèmes de logiciel informatique.

« La compagnie chargée de l'implantation des vélos a connu des problèmes de logiciel. Elle a changé de fournisseur de logiciels et, tant que la situation ne sera pas réglée, nous n'allons pas l'installer», a dit le maire Bloomberg durant son émission de radio hebdomadaire, à la fin de la semaine dernière.

New York devient donc la deuxième ville américaine, après Chattanooga, au Tennessee, à éprouver des problèmes de logiciels avec la Société de vélo en libre-service (SVLS) de Montréal, à l'origine du système bien connu des Bixi.

Cette nouvelle soulève des questions sérieuses quant à la décision de SVLS et de son partenaire américain, Alta Bikeshare, de Portland, en Oregon, de mettre au rancart un développeur de logiciel québécois, 8D Technologies, qui avait fait ses preuves avec les Bixi, pour accorder le contrat de logiciels pour les projets New York et Chattanooga à une compagnie américaine.

Chattanooga a finalement lancé son service de vélo libre-service mardi, après trois mois de retard sur l'échéancier prévu. La ville avait même octroyé une subvention de 2 millions $ a un organisme local pour couvrir les frais du lancement.

Le retard avait inspiré un éditorial récent dans le quotidien local, « The Chattanooga Times-FreePress », intitulé « Gâchis de bicyclettes [Bicycle boondoggles] ».

Fournisseur québécois écarté

L'Agence QMI a appris que SVLS et Alta Bike Share font désormais affaire avec Personica Intelligence, une compagnie basée à Hopkinton, au Massachusetts, une banlieue de Boston. Personica a été retenue au détriment de la Québécoise 8D Technologies.

Le porte-parole de la SVLS, Michel Philibert, a refusé de commenter les propos du maire Bloomberg ou les problèmes de logiciel, ajoutant : «Nous respectons les échéanciers de livraison de l'équipement prévu à notre contrat avec NYC Bikeshare.»

Chez Personica, personne n'a retourné les appels ni n'a répondu aux courriels de l'agence.

La présidente de 8D, Isabelle Bettez, a expliqué à l'Agence QMI que SVLS avait secrètement choisi Personica pour redévelopper entièrement le logiciel du système de vélo en libre-service, sans le consentement de 8D, et même sans l'en avertir.

En mars, 8D a intenté une poursuite de 26 millions $ contre SVLS, pour rupture de contrat et procédés de mauvaise foi. Bixi a répliqué en poursuivant 8D pour 2 millions $, alléguant que la compagnie surfacturait et prenait une marge de profit supérieure aux 35 % convenus.

Mme Bettez a par la suite soumis un rapport de vérification qui réfute l'allégation de surfacturation.