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Plutôt mourir que d'aller à Montréal

Atteinte du cancer

Vivre avec un cancer et recevoir toute la batterie de traitement n'est pas une sinécure. Mais pour ceux qui vivent loin des grands centres, à la chimiothérapie et à la radio-oncologie, il faut ajouter les affres des nombreux et longs voyages entre chez soi et les centres de soins de santé.

Suzanne Lamontagne est atteinte d'un cancer du poumon inopérable, «il faudrait que je fasse de la radiothérapie, mais je n'y vais pas. C'est à Montréal et je n'ai pas d'argent», explique-t-elle. Elle dénonce une situation insoutenable pour elle.

«Le monde meurt à cause de ça. Ils ne peuvent pas y aller. C'est sûr qu'ils nous remboursent, mais 90 jours après. Il faut que tu paies de tes poches. Il n'y a pas juste la radiothérapie, il y a tous les autres rendez-vous aussi», illustre-t-elle.

Trop loin, trop cher

Si elle poursuit ses traitements, les médecins lui ont prédit de quatre à cinq ans d'espérance de vie, sinon on ne lui donne que neuf mois à vivre.

Les traitements à l'extérieur sont trop difficiles pour elle, tant financièrement que moralement.

«Quand tu ne travailles plus, que tu n'as plus d'assurance chômage, tu te retrouves sur l'aide sociale, il faut que tu paies ton loyer, ton billet d'autobus, l'hébergement là-bas. Quand tu ne l'as pas l'argent, qu'est-ce que tu fais?», se demande Mme Lamontagne.

Suzanne Lamontagne connaît la réalité du monde médical puisqu'elle est infirmière. Elle croit en la radiothérapie, mais elle ne peut affronter toutes les difficultés que sa maladie engendre toute seule.

«C'est l'horreur, vivre en région avec une telle maladie, c'est très très dur. La solution, ce serait qu'il y ait de la radiothérapie, ici en Abitibi-Témiscamingue. Il nous disent que ce sera bientôt, mais bientôt c'est sept ans»

À qui la faute?

Elle ne cherche pas de coupable, mais elle déplore la situation.

«Ce n'est pas la faute des gens, c'est le système. Mais, en tant qu'être humain, leurs contraintes, ce n'est pas mon problème. On paie pour ça.»

Son appel à l'aide est lucide. Elle veut surtout alerter la population et la sensibiliser à la dure réalité de devoir s'exiler pour être soigné.

«Je sais que ça ne peut se régler en une année, mais il faut en parler. On va aider des gens dans les pays étrangers, puis on laisse crever notre monde, ici», se désole-t-elle.

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