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Une «bataille fratricide»

Analyse du Face à Face Marois/Legault

Selon les analystes politiques de TVA Nouvelles, Pauline Marois et François Legault se sont livré une chaude lutte lors du troisième Face à Face, mercredi, laissant au chef caquiste un mince avantage, dû notamment à l'absence du cadre financier du PQ et au flou entourant le projet de référendum d'initiative populaire.

«La stratégie de Mme Marois était bien pensée, était habile, de se positionner comme [celle qui a déjà] fait des changements et d'en nommer quelques-uns», estime l'ex-chef de l'ADQ et chroniqueur, Mario Dumont.

«Elle a bien joué un certain nombre de moments, entre autres sur la santé et l'éducation», ajoute-t-il.

Mais comme le Parti québécois n'a toujours pas dévoilé son plan financier, ébauche de ce que serait le budget d'un gouvernement péquiste une fois élu, François Legault avait une carte de plus dans son jeu.

«L'absence de son cadre financier, franchement, ça l'a vraiment exposée. Elle n'avait pas d'argument», a lancé l'analyste politique Jean Lapierre.

Même son de cloche de la part de l'animateur et chroniqueur au Journal de Montréal, Richard Martineau, qui se demande «comment Mme Marois a pu se présenter [mercredi] soir sans cadre financier».

Mais si François Legault semblait parfois à court de mots dans la première partie de la joute verbale, il a, contre toutes attentes, su marquer des points sur la question de l'identité nationale.

«On pensait tous que [Mme Marois] allait rebondir sur la question de l'avenir du Québec après un moment difficile sur l'économie, mais c'est toute cette histoire de référendum d'initiative populaire [qui lui a donné du fil à retordre]», croit Mario Dumont.

Le référendum d'initiative populaire que mettrait en place un gouvernement péquiste, consiste en la possibilité de faire un référendum sur la question nationale si des Québécois en font la demande en récoltant l'appui de 850 000 citoyens, par le biais d'un document signé.

François Legault a mitraillé de questions Mme Marois à ce sujet, exigeant de savoir si, dans le cas où un nombre suffisant de signatures étaient amassées, le gouvernement aurait l'obligation de faire un référendum sur la souveraineté du Québec.

C'est en point de presse après le Face à Face, que la chef péquiste a précisé qu'il y a «toujours une latitude que le gouvernement pourrait avoir».

Selon le sociologue et chroniqueur au Journal de Montréal, Mathieu Bock-Côté, le flou entourant cette question a entraîné Pauline Marois dans une spirale d'explications imprécises.

«Il y avait une forme de maladresse chez Mme Marois sur cette question qui aurait dû jouer à son avantage. Plutôt que de placer Fançois Legault devant ses contradictions sur la question nationale [...], elle s'est laissée piégée dans une question de mécanique», estime-t-il.

C'est sur cet affrontement que se sont terminés les Face à Face du réseau TVA, mais à moins de deux semaines du scrutin, tout indique que rien n'est joué pour les trois grands partis.

Selon Jean Lapierre, il s'agit «probablement de la campagne la plus dure de l'histoire du Québec, parce qu'il n'y a rien d'acquis pour personne. Les libéraux vont avoir l'énergie du désespoir et [mercredi] soir, on a vu une vraie bataille fratricide entre Mme Marois et M. Legault, qui va se poursuivre sur le terrain jusqu'au 4 septembre».

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