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Un gouvernement péquiste minoritaire

Pauline Marois élue première ministre

Le Parti québécois a remporté les élections mardi, mais dirigera un gouvernement minoritaire n'ayant pas réussi à atteindre le chiffre «magique» de 63 élus. La victoire péquiste a toutefois été assombrie par un grave incident au Métropolis, rue Sainte-Catherine, où elle avait rassemblé ses partisans.

Les élections en images

Alors qu'elle prononçait son discours de la victoire, Mme Marois a été abruptement emmenée à l'écart par ses gardes du corps. On a appris par la suite qu'un individu avait été arrêté en possession d'une arme et que deux personnes avaient été blessées par balle.

Un des blessés a succombé à ses blessures, a plus tard annoncé le Service de police de la Ville de Montréal. Un incendie a par ailleurs été allumé à l'arrière du Métropolis. La future première ministre est revenue pour terminer son allocution en catastrophe, puis l'évacuation de la salle a été ordonnée.

(Photo Agence QMI)

«On veut un pays! Et nous l'aurons», venait-elle de dire juste avant que son discours ne soit interrompu.
La chef du Parti québécois, dirigera donc le prochain gouvernement du Québec, un gouvernement minoritaire, alors que le premier ministre sortant a été défait dans sa circonscription.

Après une campagne électorale au cours de laquelle son parti avait été donné gagnant par la plupart des sondeurs, Mme Marois a été déclarée prochaine première ministre du Québec à 20h50 par TVA Nouvelles, soit 50 minutes après la fermeture des bureaux de vote. À 21h31, TVA Nouvelles annonçait que ce gouvernement péquiste serait minoritaire.

Cette victoire du Parti québécois constitue un moment historique pour le Québec qui porte une femme au pouvoir pour la première fois.

Déclaré minoritaire, le PQ avait ainsi 54 candidats élus ou en avance après minuit alors que les résultats continuaient de rentrer. Pour être majoritaire, le PQ aurait dû atteindre le chiffre «magique» de 63.

(Photo Agence QMI)

Déjouant les sondages qui le plaçait troisième dans les dernières semaines de la campagne, le Parti libéral de Jean Charest avait, lui, en début de nuit, 50 candidats élus ou en avance, alors que la Coalition avenir Québec en avait 19. Le chef du PLQ et premier sortant n'a toutefois pas réussi à se faire réélire dans Sherbrooke.

Il s'est incliné devant le péquiste Serge Cardin, qui a remporté la circonscription par plus de 2600 voix.

Les 54 candidats élus ou en avance du PQ représentaient 32% des votes exprimés, selon les chiffres fournis par le Directeur général des élections. Le PLQ avait 31% du suffrage exprimé, et la CAQ, 27%.

De son côté, Québec solidaire a réussi à faire élire ses deux co-porte-parole, Françoise David et Amir Khadir. Ils ont battu dans leurs comtés montréalais respectifs de Gouin et de Mercier les péquistes Nicolas Girard et Jean Poirier. De cette façon, le parti pourra compter sur deux députés à l'Assemblée nationale. Pour M. Khadir, il s'agissait d'une seconde victoire dans Mercier, qui comprend le quartier du Plateau-Mont-Royal, alors que pour Mme David, il s'agit d'une première victoire à des élections.

Selon Mme David, les électeurs de sa circonscription ont «exprimé un désir profond de changement» en l'élisant.

(Photo Agence QMI)

Dans un discours, devant ses partisans, elle a offert ses félicitations à Mme Marois pour son élection comme première femme à la tête du Québec et lui a offert l'appui de son parti à l'Assemblée nationale.

En fin de soirée, dans un discours à ses militants et aux Québécois, le chef libéral Jean Charest a tenu à dire, en reconnaissant sa défaite personnelle dans la circonscription de Sherbrooke, qu'il acceptait et respectait le choix des Québécois.

«Notre gouvernement et notre parti laissent la maison en bon ordre, a-t-il poursuivi. Le Québec va mieux qu'ailleurs dans le monde.»

«J'assume l'entière responsabilité du résultat que nous avons ce soir», a-t-il souligné. Cependant, M. Charest n'a pas indiqué quel sera son avenir politique.

Il a toutefois terminé son discours en soulignant qu'il y aura d'autres rendez-vous pour le Parti libéral du Québec.

«Je vous donne rendez-vous pour que puissions, ensemble, continuer ce travail. Je vous aime, merci!» a-t-il lancé.

François Legault, le chef de la CAQ, a remporté la bataille dans le comté de L'Assomption, devant la péquiste Lizabel Nitoi. Avant même d'avoir été déclaré vainqueur dans son comté, M. Legault a pris la parole devant ses candidats et militants réunis dans la circonscription de Repentigny.

«Quelle aventure incroyable! a déclaré le chef caquiste. En seulement neuf mois, neuf mois, on a réussi à fonder un nouveau parti politique. On a réussi à mener une féroce bataille. Le défi était énorme. Les résultats, ce soir, font la démonstration que la Coalition avenir Québec est là pour rester.»

(Photo Agence QMI)

Le chef caquiste a ajouté qu'il avait téléphoné à Pauline Marois pour la féliciter et l'assurer de sa collaboration pour, entre autres, mettre fin «au copinage» qui, a-t-il, s'est installé à Québec au cours des dernières années. Il a affirmé que la nouvelle première ministre pourra compter sur les députés de la CAQ pour «avoir une opposition constructive».

(Photo Agence QMI)

Un autre chef de parti défait

Dans Nicolet-Bécancour, mardi soir, le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, a été battu par le caquiste Donald Martel.

Candidats vedettes

Plusieurs candidats vedettes de la campagne électorale ont causé une surprise en se voyant défaits. C'est le cas, notamment, de François Rebello, de la CAQ, dans le comté de Sanguinet en Montérégie, qui a dû s'incliner devant le péquiste Alain Therrien.

Le docteur Gaétan Barrette, également de la CAQ, a aussi été défait dans la circonscription de Terrebonne. Il est arrivé deuxième derrière le Mathieu Traversy, du Parti québécois.

Léo Bureau-Blouin, l'ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, recruté par Pauline Marois, a également surpris, mais en se faisant élire, lui, dans Laval-des-Rapides, battant le ministre sortant Alain Paquet.

Autres surprises parmi les candidats vedettes : les libéraux Pierre Corbeil, Clément Gignac et George Mamelonet ont été défaits. Le péquiste Scott McKay a été, pour sa part, élu dans le nouveau comté de Repentigny, alors que l'ancien journaliste de Radio-Canada Raymond Archambault a dû laisser le comté aux mains de la caquiste Hélène Daneault. Jacques Duchesneau, de la CAQ, a réussi à se faire élire dans Saint-Jérôme.

De son côté, Sylvie Roy, de la CAQ, a été élue dans Arthabaska, défaisant le libéral sortant Claude Bachand. Mme Roy, qui était députée de Lotbinière, avait dû se présenter dans Arthabaska en raison du redécoupage de la carte électorale.

Pierre Duchesne, Véronique Hivon, Jean-François Lisée, Marie Malavoy et Agnès Maltais, tous candidats du PQ, ont été élus ou réélus, selon les cas.

Le libéral Pierre Paradis a, quant à lui, été élu dans sa circonscription de Brome-Missisquoi.

Dans Trois-Rivières, la candidate vedette du PQ, Djemila Benhabib, n'a pas réussi à se faire élire. Restée une grande partie de la soirée en deuxième position derrière la libérale Danielle St-Amand, elle a finalement dû lui concéder la victoire en toute fin de soirée.