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Plusieurs messages haineux sur le Web

Attentat au Métropolis

Au lendemain de l'attentat au Métropolis qui a coûté la vie à un homme et qui a blessé une autre personne, la tension était haute sur les réseaux sociaux. Plusieurs commentaires racistes et provocateurs envers les Québécois francophones et particulièrement à l'égard de Pauline Marois y ont été diffusés.

Certains ont été tellement choqués par les propos tenus sur Facebook et Twitter qu'ils ont décidé de les faire parvenir aux policiers en demandant que ceux-ci ouvrent des enquêtes.

Renvoyé pour ses propos haineux

Un employé de l'entreprise de jeux vidéo Eidos-Montréal a été congédié mercredi matin après avoir publié sur sa page personnelle Facebook des propos virulents à l'endroit de la nouvelle première ministre du Québec, Pauline Marois.

Dans la foulée de l'attentat survenu mardi soir au Métropolis de Montréal, Blake Marsh aurait inscrit en anglais sur sa page: «On ne peut pas trouver de bons assassins ces jours-ci» et «Je donne un mois à cette pute avant que quelqu'un avec plus de précision fasse ce qui doit être fait».

Les propos ont rapidement été rapportés au directeur général d'Eidos-Montréal, Stéphane D'Astous. En arrivant au travail mercredi matin, ce dernier avait reçu environ une dizaine de courriels en provenance de personnes extérieures à la compagnie qui avaient pris le soin d'effectuer une saisie d'écran, afin de conserver les fameux commentaires.

«J'ai été estomaqué quand j'ai vu l'ampleur de ces remarques», a indiqué M. D'Astous, ajoutant qu'il a rapidement pris une décision.

Blake Marsh, qui est testeur de jeux vidéo depuis 2008 au sein de l'entreprise, a été congédié peu de temps plus tard.

«On lui a demandé de quitter les lieux, a expliqué M. D'Astous. On a une politique de tolérance zéro en matière d'intimidation et de harcèlement, ça fait partie de nos valeurs d'entreprise.»

«You can't just find good assasins these days!» (Il n'y a pas moyen de trouver de bons assassins ces jours-ci), a écrit sur Facebook un internaute. Le message s'est répandu et son auteur n'a pas tardé à faire face aux conséquences de ses paroles.

Création d'un groupe anti PQ

Les esprits se sont également échauffés autour du message d'un autre internaute.

Xristo Diavlo a invité les gens à joindre son «groupe de terreur anti-PQ», traitant du même souffle les séparatistes de «bâtards nazis» et les qualifiant «d'ennemis».

Les réactions ont fusé de toutes parts. Si certains appuyaient les propos, plusieurs, autant francophones qu'anglophones, les condamnaient.

Quelques-uns ont même transmis l'information aux policiers.

Puisque les propos et les commentaires visaient le Parti québécois et Pauline Marois, c'est vers la Sûreté du Québec (SQ) que les plaintes ont été dirigées.

«Nous n'avons pas fait de compilation, mais oui, nous avons bel et bien reçu des appels et des messages», a confirmé un porte-parole de la SQ.

«Toutes les menaces qui proviennent d'Internet sont analysées et des accusations peuvent éventuellement être portées», a ajouté la SQ.

«C'est dommage, les policiers ont appréhendé l'homme avant qu'il ne finisse son travail», «Merci, il a manqué Pauline Marois», «Il aurait dû tirer cette chienne», sont d'autres commentaires qui circulaient également sur Internet au lendemain de la tragédie.

Les anglophones s'en dissocient

Si plusieurs messages haineux étaient affichés sur les réseaux sociaux, les propos des gens dans la rue étaient loin d'être similaires.

Après s'être promené dans les rues du quartier Notre-Dame-de-Grâce, le journal 24 Heures a rapidement constaté que nombreux étaient les anglophones de Montréal qui n'appuyaient en aucun cas les actes du tireur qui criait «les Anglais se réveillent» lors de son arrestation.

«C'est vraiment triste et totalement inacceptable. Est-ce qu'on est vraiment rendu au point de se tuer pour une question de langue?» se désole Mark Sanders.

«Il ne faut pas que les chicanes entre francophones et anglophones reprennent à cause de cet évènement. Les anglophones ne se réjouissent aucunement de ce qui s'est produit. Le tireur est un malade, point», a dit une citoyenne sur une terrasse, Lindsay Rosenberg.

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