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«Cellule de crise» demandée par la FEUQ

Annulation de la hausse des droits de scolarité

En annulant l'augmentation des droits de scolarité à l'université, le gouvernement de Pauline Marois annulera par le fait même l'injection de 39 millions $ dans le régime de bourses proposée par le gouvernement Charest.

«À partir du moment où on n'augmente pas les droits de scolarité, on ne haussera pas les mesures d'aide financière aux études parce que le problème ne se posera pas», avait expliqué la chef du Parti québécois à l'occasion d'une entrevue éditoriale au Journal de Québec pendant la campagne électorale.

Pauline Marois a déclaré qu'elle entendait procéder par décret dans les premiers jours suivants l'entrée en fonction de son gouvernement. Elle entend par le fait même abroger la loi 12 (projet de loi 78).

Manque à gagner

Annuler l'augmentation des droits de scolarité privera, à terme, les 18 universités québécoises de revenus de 238 millions $, estime le bureau du premier ministre sortant Jean Charest. Pauline Marois, elle, estime à 150 millions $ l'impact de sa décision. «Elle veut satisfaire une certaine base électorale, mais où va-t-elle prendre l'argent?», demande François Bonnardel, député de la CAQ dans Shefford.

«La loi 78 et la hausse des droits de scolarité ont été adoptées par des votes à l'Assemblée nationale. Mme Marois devrait soumettre ses propositions à un débat, puis à un vote à l'Assemblée nationale», suggère l'attaché de presse du premier ministre sortant, Hugo D'Amours. Une telle procédure risquerait de se traduire par le rejet de la position péquiste, le gouvernement Marois étant minoritaire au salon bleu.

«Cellule de crise»

Si elles se réjouissent de voir la hausse des droits de scolarité disparaître de leur écran radar, les associations étudiantes souhaitent le maintien des bonifications du régime d'aide financière aux études mises sur la table au printemps par le gouvernement Charest.

«C'est une demande qu'on faisait depuis plusieurs années et on va se battre pour que ça soit conservé», prévient la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, qui souhaite rencontrer sous peu la première ministre désignée dans le but de créer une «cellule de crise».

La FEUQ requiert l'aide du gouvernement pour soutenir les étudiants qui ont reçu des factures de droits de scolarité indexées de la part des universités, suivant la hausse décrétée par le gouvernement Charest. L'aide financière aux études «qui n'arrive pas» et la tenue du sommet sur l'enseignement supérieur promis par le PQ feront partie des discussions. «On a des étudiants qui se font facturer une hausse de droits de scolarité et qui ne reçoivent pas d'aide financière», signale Mme Desjardins.

La CLASSE réclame aussi le maintien de l'amélioration du régime des bourses. «C'est une des revendications que nous avons. C'est pour ça qu'on a demandé une rencontre avec le nouveau gouvernement le plus rapidement possible. Le régime actuel est insuffisant», a confié la porte-parole Camille Robert.

Selon la CLASSE, qui cite des chiffres du ministère de l'Éducation, de 9 000 à 13 000 jeunes ont renoncé aux études universitaires sous l'effet de la hausse de 500 $ des frais de scolarité appliquée de 2007 à 2012.