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Les élèves sensibilisés aux dangers d'Internet

Saguenay

Jean-François Tremblay

Des centaines d'élèves de 6e année et de 1re secondaire sont rencontrés ces jours-ci à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay. Un spécialiste les informe des dangers du web, surtout sur les médias sociaux. Son message direct semble être capté.

«Selon notre enquête, il y a neuf jeunes sur dix qui ont un compte Facebook, Levez la main?» demande Patrick Giroux, professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi, à 200 élèves réunis à l'École secondaire des Grandes-marées de Saguenay, secteur La Baie.

Sur le net, ils font des commentaires et publient des photos, ce qu'on appelle des traces. «Vous laissez des traces à votre sujet partout sur le web. Ces traces composent en partie votre identité numérique. Votre identité numérique, c'est aussi ce que les autres ont dit de vous», les prévient le spécialiste Giroux qui a sondé des milliers de jeunes de leur âge l'an dernier à Saguenay sur leurs habitudes sur les médias sociaux, notamment.

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a donc entrepris de les aider à bien se comporter sur le web. Patrick Giroux les a fait réfléchir sur plusieurs situations.

«Google et Facebook, ils sont très bons à ramasser toutes les traces. Ils vous connaissent. Et avec ça, je peux faire toutes sortes de choses. Je peux essayer de vous vendre des choses. Et c'est payant. Chaque minute, Google fait 75 000$ de profits.»

Le message est aussi de faire comprendre aux jeunes que le web est public et que leurs traces sont permanentes.

«Vous avez mis une photo et vous ne l'aimez pas sur Facebook et vous décidez de l'enlever? Les traces que vous laissez, c'est qu'elles ne disparaissent pas. Levez la main ceux qui ont mis des photos cette semaine ou en fin de semaine sur Internet? Est-ce que ça vous dérangerait de venir nous les montrer? Si ça vous dérange à tout le monde qui est ici, elles n'auraient jamais dû se retrouver sur Facebook. Si vous n'êtes pas capable de vous imaginer en avant de tout vos enseignants, vos parents, votre famille, pis vos amis en train de crier ce que vous êtes en train d'écrire sur internet, écrivez-le pas.»

Des cas concrets leur sont montrés, les impacts, expliqués par le professeur Giroux.

«Le monsieur au dépanneur cherche quelqu'un pour faire le samedi matin. Pensez-vous qu'il va vous embaucher si en allant sur votre Facebook, il se rend compte que tous les vendredis, vous faites la fête, vous vous couchez très tard. Lui, il cherche quelqu'un pour travailler à 6h le matin.»

«Est-ce que vous pensez que ça se peut que quelqu'un qui vous répond, vous lui demandez quel âge qu'il a? Il vous répond qu'il vient de Chicoutimi et qu'il a 13 ans, mais en réalité, il vient de Montréal et il a 45 ans. Sur le web, il y a beaucoup de monde pis ce monde-là, vous ne savez pas s'ils sont honnêtes [sic]. »

«Un bon mot de passe, ça au moins huit caractères. Pis ce n'est pas un mot. Parce que mon ordinateur à moi, il est capable de tester 15 000 ou 16 000 mots par minute.»

Après 60 minutes de conférence, les élèves semblaient avoir compris.

«Faut pas faire n'importe quoi sur internet parce que ça peut se retourner contre toi», a retenu un garçon du premier secondaire. Son ami aussi a attrapé un conseil. «Des fois, ça m'arrive de cliquer sans penser, mais là, je vais y penser.»

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay veut prodiguer ces conseils à ces jeunes qui ne sont pas encore pleinement actifs sur le web, mais qui naviguent quand même entre 10 et 14 heures par semaine, selon l'enquête de Patrick Giroux.

«On va sur internet, mais on essaie toujours de laisser des traces qui sont positives. Des traces qui font que les gens vont penser qu'on est beau, fin, gentil et intelligent», leur a dit l'expert pour conclure.