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Un livre fait de cuivre et de pierre

Conte de Gilles Vigneault

Kathryne Lamontagne

Le célèbre poète, Gilles Vigneault, a présenté jeudi son tout nouveau conte, œuvre imprimée sur nul autre que des pages de cuivre tirées à même l'ancienne toiture du Château Frontenac, et insérées dans une couverture de pierre.

L'idée de ce «bouquin» particulier a germé dans la tête du jeune sculpteur Olivier Martineau et de son associé, Claude Lessard, il y a quelques années. Le directeur de Château Frontenac, Robert Mercure, venait alors tout juste de leur confier sept tonnes de cuivre provenant de la tour principale de son établissement, qui devait être rénovée.

L'objectif était en fait de transformer ces feuilles de cuivre, datant de 1924, en différentes œuvres d'art.

Le hasard a voulu qu'Olivier Martineau connaisse bien le fils de Gilles Vigneault. Un beau jour, le poète est venu visiter l'atelier du sculpteur de 29 ans, par curiosité. Mis au courant de cette rencontre, Claude Lessard a alors lancé l'idée que l'artiste se joigne à leur projet de cuivre, histoire qu'il y grave ses poèmes.

Séduit

Séduit par l'idée, la fougue et l'audace de ces jeunes créateurs, Gilles Vigneault n'a pas hésité à embarquer dans l'aventure. «Je me suis mis à fouiller dans mes poèmes, mais il n'y avait rien qui convenait à la circonstance. Je me suis dit que je n'avais jamais écrit de conte sur le Château Frontenac», a-t-il poursuivi.

Surtout que le poète entretient une relation bien particulière avec le Château Frontenac, où il a longuement flâné avant d'y dormir.

«Quand on était étudiant, on se prenait pour quelqu'un et on jouait aux échecs, au Château. Tout ce qu'on avait les moyens de se payer, c'était un café. On se mettait sur notre 36 - qui était un 32 et demi - et on allait passer l'après-midi à rien faire. À être au Château», s'est-il souvenu, sourire aux lèvres.

Couvreur

De fil en aiguille, le poète a donné vie au Conte du Château de BIC. «Je me suis demandé qui avait utilisé, posé ces tuiles-là, au début. Donc, l'idée d'un couvreur. Je suis devenu découvreur et j'ai découvert qu'il pourrait y avoir quelqu'un, qui s'appelle Lecomte, qui pourrait partir à la recherche de ses origines», a-t-il poursuivi.

La transposition de l'histoire posait toutefois tout un défi. Différents acteurs sont intervenus du coup, histoire de découper les feuilles de cuivre, d'y graver le texte au laser, de relier les pages à la couverture de pierre, sur laquelle est inscrit le titre de l'œuvre.

Au total, une édition limitée de 99 exemplaires a été produite.

«C'est plein de magie qui a été mise ensemble pour en arriver à ceci. C'est spécial. On vient de plein d'horizons, on a des âges différents. On a réussi à tous se rejoindre sur un faisceau lumineux. C'était vraiment le fun. Les rencontres avec M. Vigneault ont été passionnantes», a dit Olivier Martineau.

L'exposition Château Allant Vert, qui réunit toutes les œuvres produites à l'aide du cuivre de l'ancienne toiture du Château Frontenac, se poursuit jusqu'au 15 octobre, à la salle Le Cellier du Château Frontenac.