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Pimparé «est encore dangereux», selon le frère d'une victime

Il veut être libéré après un double meurtre sordide

EXCLUSIF - En 1979, deux adolescents étaient agressés et jetés en bas du pont Jacques-Cartier par deux assassins et mardi, Gilles Pimparé, un des deux tueurs, demandera une nouvelle fois d'être libéré, une avenue qui paraît insensée pour les proches des victimes.

Maurice Marcil, 14 ans, et Chantal Dupont, 15 ans, revenaient de la Ronde, le 3 juillet 1979, quand ils ont été interceptés par leurs agresseurs, Gilles Pimparé et Normand Guérin. Les deux hommes ont violé la jeune fille, mais le traitement infligé à Maurice Marcil est moins clair. Les adolescents ont finalement été jetés à l'eau.


Ivan Marcil, le frère de Maurice. (Crédit: TVA Nouvelles)

Cette histoire hante toujours le frère de Maurice, Ivan Marcil, et sa mère. «Ça reste quand même quelque chose d'horrible pour moi, le pont, parce que ça a été un instrument de torture pour mon frère», confie Ivan.

Points d'interrogation

Quant à sa mère, elle est encore à ce jour assaillie de questions sans réponses. «Pourquoi ont-ils tué Chantal et Maurice? Ils doivent s'expliquer», a déclaré la dame, qui a déménagé en Europe depuis et qui préfère ne pas être identifiée.

Rencontré il y a deux ans par TVA Nouvelles au pénitencier de La Macaza, Gilles Pimparé ne semblait pas plus en mesure de répondre à cette question. «Ce qui m'a poussé à les tuer exactement, je ne le sais pas. Je ne me reconnais pas là-dedans. C'est sûr que j'étais bien gelé», a expliqué le prisonnier.


Gilles Pimparé, lors de la rencontre avec notre journaliste Harold Gagné, il y a environ deux ans. (Crédit: TVA Nouvelles)

Cette explication est bien loin de satisfaire la famille de Maurice Marcil, qui croit que le criminel n'est pas prêt à être libéré. «Il se croit trop peu responsable de ce qui s'est passé, il est porté à mettre la faute sur les autres et c'est très mauvais signe. Moi, je pense qu'il reste encore dangereux», estime Ivan Marcil.

Dernière tentative infructueuse

Gilles Pimparé doit comparaître devant la Commission des libérations conditionnelles par vidéoconférence mardi, à Laval. À cette occasion, une lettre écrite par la mère de Maurice va encore une fois lui être lue.

Il y a deux ans, lors d'un processus identique, la section d'appel de l'organisation choisissait de maintenir l'incarcération de Pimparé. Selon ce que rapportait la Commission, l'homme était aux prises «avec un risque élevé de récidive violente et sexuelle» et n'avait pas «réussi un programme intensif de délinquance sexuelle».

Gilles Pimparé peut demander d'être libéré à tous les ans et demi. Son partenaire de meurtre, Normand Guérin, condamné lui aussi à perpétuité, n'a jamais fait de demande de libération.

- D'après un reportage d'Harold Gagné

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