/finance/finance

Payants pour le Québec?

Sables bitumineux

Les rapports concernant l'exploitation des sables bitumineux se suivent mais ne se ressemblent pas. En mai 2012, les instituts Pembina et MacDonald-Laurier s'opposaient au sujet des retombées économiques liées à cette activité.

C'est maintenant le Conference Board qui relance le débat. Il prévoit de larges bénéfices à long terme, notamment 14 milliards $ pour le Québec d'ici 2035.

Tandis que les investissements dans les sables bitumineux ont dépassé les 100 milliards $ au cours de la décennie passée, le rapport du Conference Board prévoit un investissement de 364 milliards $ au cours des 25 prochaines années.

D'ici 2035, le Canada deviendrait alors le quatrième producteur mondial de pétrole. Et selon l'institut, ces investissements profiteront à l'ensemble des provinces du pays.

Si la grande majorité des retombées économiques suscitées par l'exploitation des sables bitumineux revenait à l'Alberta, un tiers des bénéfices irait aux autres provinces. En tête, l'Ontario qui récolterait 14,8% des profits, puis la Colombie-Britannique avec 6,7%.

Quant au Québec, il récolterait 3,9% des bénéfices, soit 14 milliards $. Ce pourcentage s'explique par la présence en Alberta des sociétés CGI (spécialisée dans les technologies de l'information et de la communication) et CN, dont les sièges sociaux se trouvent à Montréal.

La compagnie CN exploite notamment la ligne de chemin de fer qui dessert Fort McMurray en Alberta, communauté située sur une immense réserve de sables bitumineux.

Des retombées en matière d'emploi

Le Conference Board estime par ailleurs que la totalité de ces investissements fera travailler 3,2 millions de personnes, ce qui correspond à 172 milliards $ de revenus générés sur une période de 25 ans. Les travailleurs ne provenant pas tous de l'Alberta, les autres provinces profiteraient également de ces retombées (à hauteur de 3,4% pour le Québec).

Enfin, les recettes fiscales provenant de ces investissements seraient de 45,3 milliards $ au niveau fédéral. La moitié de ces recettes proviendrait des impôts sur le revenu des compagnies et 36% de l'impôt sur le revenu des particuliers. Au niveau des provinces, l'enveloppe serait de 34,1 milliards $, dont 1,3 milliard $ pour le Québec.

Ce rapport tombe donc très bien pour les défenseurs des sables bitumineux, notamment pour les compagnies Suncor et Ultramar qui se sont dites intéressées pour raffiner au Québec du pétrole acheminé depuis l'Alberta.
Un sujet très polémique

Toutefois, l'exploitation des sables bitumineux demeure un sujet polémique, notamment quant à ses effets sur la qualité de l'eau et la santé des écosystèmes.

De plus, il semble difficile de donner raison à tel ou tel institut, tant les rapports se contredisent de manière radicale. En mai dernier, deux études parues simultanément arrivaient à des conclusions antagonistes quant aux retombées économiques provoquées par l'exploitation des sables bitumineux.

Alors que l'Institut Pembina craignait des retombées à court terme et des conséquences néfastes pour les autres secteurs économiques, allant même jusqu'à évoquer un syndrome hollandais, l'Institut Macdonald-Laurier mettait en avant des bénéfices supérieurs à l'impact négatif d'un dollar canadien fort.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.