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Malade et appauvrie

Cancer du sein

Les femmes victimes d'un cancer du sein voient leurs revenus coupés du tiers dans l'année qui suit le diagnostic et même des deux tiers pour 10% d'entre elles, selon les chercheurs de l'Université Laval.

Elles doivent en plus assumer d'importantes dépenses pendant leur retrait de la vie active.

Annie Lebrun, 37 ans, en sait quelque chose.

Elle a reçu son diagnostic de cancer au mois de janvier et elle a dû interrompre son travail de coiffeuse pendant la durée de ses traitements de chimio et de radiothérapie.

«J'ai un salaire fixe, qui est bas, Je ne suis pas payée 40 $ l'heure, je suis coiffeuse, moi, dans la vie.»

Mère monoparentale de deux enfants de 10 et de 8 ans, Annie Lebrun n'a pas eu d'autre choix que de se placer sous le régime d'assurance-emploi.

«Ça n'a pas de bon sens. Une femme qui a le cancer du sein n'a jamais seulement 15 semaines d'arrêt de travail. C'est toujours un combat de 8, 10, 12 mois. Le mien, ç'a été neuf mois.»

(TVA Nouvelles)

Après ses 15 semaines de prestations d'assurance-emploi, Annie Lebrun s'est résignée à l'aide sociale. Mais les factures et les dettes se sont accumulées au point où elle a décidé de revenir au travail graduellement, un mois plus tôt que prévu, même si ses traitements de chimiothérapie n'étaient pas complètement terminés.

«J'ai eu beaucoup d'amis qui m'ont aidée. J'ai un ami pharmacien qui m'a fait une petite "trousse de survie". Mais je pense que ça peut coûter très, très cher. Je ne l'ai pas calculé.»

Les femmes les plus à risque de perdre une proportion élevée de leurs revenus sont moins scolarisées ou occupent un emploi de travailleur autonome. Au Centre des maladies du sein de l'hôpital du Saint-Sacrement, on tente d'aider ces femmes déjà durement éprouvées par la maladie.

«Je sais que les femmes qui éprouvent ce besoin-là éprouvent de grandes difficultés», explique Martine Lamarche, coordonnatrice au Centre des maladies du sein. «Il ne faut pas les laisser tomber. Il faut justement les supporter tout au long de l'épisode de soins.»

Il existe effectivement des programmes d'aide financière, mais la bureaucratie est lourde, dit Annie Lebrun.

«Il y a beaucoup de paperasse à remplir. Tu n'as pas l'énergie pour faire ça.»

Annie Lebrun croit maintenant qu'il lui faudra quelques années pour se sortir la tête de l'eau et retrouver sa santé financière.