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Des familles dans le rouge

Qui est riche?

La classe moyenne est mise sous pression. Hausses de taxes, hausses de tarifs, bond du prix des maisons, nouveaux besoins, il devient de plus en plus difficile d'arriver, même quand on fait partie des gens «plus fortunés» capables de payer la pleine contribution santé, selon le nouveau ministre des Finances, Nicolas Marceau.

C'est du moins ce qui ressort d'une enquête d'Argent visant à prendre la mesure des finances des ménages québécois.

Pour mesurer de quelle marge de manoeuvre dispose vraiment la classe moyenne pour épargner, nous avons simulé le budget typique d'une jeune famille établie en banlieue, en nous basant sur les estimations de dépenses les plus proches effectuées par des experts. Nous avons tenu compte des impôts qu'elle doit payer.

Nous avons aussi formulé quelques hypothèses. Le couple est composé de deux travailleurs, gagnant respectivement 45 000$ et 30 000$. Il a deux jeunes enfants âgés de moins de six ans.

Il a acquis en 2012 un bungalow au coût de 257 000$ à Sainte-Julie sur la Rive-Sud, une ville qui abrite beaucoup de familles. La mise de fonds, puisée à même les économies REER du couple, était de 5 % et le taux du prêt hypothécaire de 3,49%.

Le couple dispose d'une seule voiture, une minifourgonnette de type Dodge Grand Caravan, achetée en 2011. Le coût du panier d'épicerie a été évalué à 15% du budget disponible, soit 181$ par semaine pour quatre personnes.

Les autres postes de dépenses sont évalués en fonction des dépenses moyennes des ménages selon une enquête de 2008 de l'Institut de la statistique du Québec.

Dans ce budget fictif, on s'aperçoit rapidement que si les couples allouent les proportions moyennes aux diverses dépenses, il ne reste presque rien pour le REER.

Et encore, cette évaluation est-elle conservatrice, puisqu'elle suppose que la famille a été disciplinée et n'a pas acheté une maison de type cottage, qui est de plus en plus populaire et qui coûte plus cher.

Difficile d'arriver avec 42 000$

Un travailleur célibataire empochant un salaire annuel de 42 000$ doit se serrer la ceinture au maximum pour arriver à la fin du mois.

C'est le constat qu'a fait le Journal en réalisant, à l'aide d'un comptable, trois budgets fictifs pour un travailleur gagnant 42 000 $ brut par année, soit un salaire estimé à 30 652,61$ après impôt, soit environ 2555$ par mois.

Ce montant de 42 000$ représente le seuil en dessous duquel on ne paie pas de taxe santé.

Le Journal de Montréal a évalué trois situations: l'une où la personne ne se prive pas de quelques sorties au restaurant, épargne pour voyager et possède sa voiture, l'autre où il se prive de restaurant et utilise parfois le transport en commun puis, le dernier, où il vit dans un loyer à prix modique, n'a pas de voiture et se prive de toutes sorties extravagantes.

Au final, la troisième situation était la seule où le travailleur de 42 000$ par année ne se retrouvait pas «dans le rouge» à la fin du mois.

«Oui, on peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut, admet le comptable qui a demandé à conserver l'anonymat. Par contre, on réalise très bien avec ces budgets que personne ne peut affirmer que quelqu'un qui gagne un salaire annuel de 42 000 $ est riche.»

- Avec la collaboration de Kevin Dubé

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