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La décriminalisation ne fonctionne pas

Prostitution

La Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES) a annoncé mercredi en être venue à la conclusion que la décriminalisation de la prostitution ne fonctionne pas».

Selon Diane Matte, une des membres de l'organisme, il «faut trouver une autre solution».

Le CLES, qui vient en aide aux femmes issues du milieu de la prostitution, mettra d'ailleurs sur pied un nouveau programme à cet effet dès janvier. Ce modèle de services aux femmes visera principalement à offrir des alternatives aux personnes vivant de l'industrie du sexe.

«On parle souvent de la prostitution comme d'un choix, mais les études prouvent que la plupart du temps, ces femmes ne savent pas que d'autres alternatives s'offrent à elles», a souligné Mme Matte.

Ce programme tentera de clairement déterminer les besoins des prostituées et les raisons qui les ont menées dans la rue ou en maison close.

Les membres de la CLES expliquent qu'au cours des trois prochaines années ils essayeront de monter un modèle qui pourrait être appliqué partout à Montréal, mais aussi dans l'ensemble de la province.

Bien que la CLES offre des services de soutien à toutes les personnes prostituées qui font appel à leur aide, celles-ci ont une position très ferme devant cet enjeu. Selon les membres de l'organisme, la seule véritable solution à la prostitution est son abolition.

Par ailleurs, cette position est partagée par une de leurs collaboratrices, Julie Bindel, auteure britannique particulièrement prolifique à propos de l'industrie du sexe.

Ayant en mains l'étude qu'elle a menée à Londres, Mme Bindel a tenté de démontrer que les travailleuses du sexe sont souvent amenées dans ce milieu sans leur consentement.

En effet, près du tiers (32 %) d'entre elles commencent à offrir des services sexuels avant l'âge de la majorité et que 72 % des femmes qui ont répondu à ce sondage auraient été victimes de violences durant leur enfance.