/news/homepage

«Rien ne doit être laissé au hasard»

La juge Charbonneau répond aux critiques

TVA Nouvelles

La présidente France Charbonneau a souhaité faire le point, jeudi matin, lors d'un discours qui a clôt la portion publique des travaux de l'automne de la commission qui porte son nom.

La pause de près de deux mois qui s'amorce est nécessaire afin de se réorganiser et d'embaucher du personnel, a-t-elle soutenu, dans un discours d'une dizaine de minutes.

«Rien ne doit être laissé au hasard, l'improvisation n'est pas gage de succès», a déclaré la juge, en réponse aux critiques et questions qui fusent tout particulièrement depuis cette semaine.

En guise d'ouverture, Mme Charbonneau a d'abord offert une série de remerciements aux acteurs qui gravitent à l'intérieur et autour de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, dont «certains travaillent jusqu'aux petites heures de la nuit».


La procureure en chef Sonia LeBel, le procureur en chef adjoint Denis Gallant, le procureur Simon Tremblay, la procureure Claudine Roy. (Crédit: capture d'écran par TVA Nouvelles)

Les travaux se poursuivent

Elle a aussi insisté sur le fait que les travaux n'étaient pas suspendus, et que la pause concernait seulement l'aspect public de la vaste enquête. «Les enquêtes se poursuivent toujours» et de nouveaux témoins seront «rencontrés et interrogés» dans les prochaines semaines.

Les audiences publiques de la Commission sont en arrêt depuis mercredi, et devraient reprendre le 21 janvier prochain.

Cette interruption plus hâtive que prévu survient alors que seulement 29 témoins ont été entendus. La Commission avait plutôt planifié en faire témoigner une cinquantaine avant Noël.

Appel à la patience

Certains analystes se sont aussi inquiétés de la stratégie des deux derniers jours, alors qu'une liste d'élus, de fonctionnaires, d'ingénieurs et d'entrepreneurs a été dévoilée, les noms qui s'y trouvaient ayant fréquenté un club privé cossu de la métropole, Le 357c.

On reproche notamment à la Commission d'avoir lancé ces informations sur la place publique sans expliquer adéquatement le contexte et les liens entre ces gens, ce qui les rend suspects et ouvre la porte à des spéculations de toutes sortes.

Mme Charbonneau a réagi en réitérant l'importance qu'elle accorde à la protection des réputations et a indiqué que «tout ce qui a été mis en preuve a son utilité». Il faut parfois, pour décrire adéquatement un système, «faire entendre un ou plusieurs témoins».

Ceci étant dit, les responsabilités confiées à la commission sont majeures. Pour cette raison, «on ne peut pas tout faire en même temps, toutes les pièces du casse-tête ne peuvent être mises en place en même temps», a déclaré la juge, lançant ainsi un appel à la patience.

Postes à combler

La juge est revenue sur les démissions du procureur en chef Sylvain Lussier et de son adjoint Claude Chartrand. «La perte de deux avocats se fait nécessairement sentir», a-t-elle admis. Pour pallier ce manque, des procureurs supplémentaires seront embauchés dans les prochaines semaines.

Par ailleurs, il semble que le commissaire Roderick A. MacDonald, dont l'absence inquiétait Québec, aille de mieux en mieux et qu'il «collabore de plus en plus» aux travaux.

La présidente de la commission s'est dite parfaitement consciente des coûts importants engendrés par l'exercice. «C'est pourquoi nous estimons important de bien préparer les audiences», a-t-elle poursuivi.

Arrestations à venir?

Questionné au sujet de la pause prématurée des audiences publiques de la Commission, l'expert en enquêtes policières Richard Dupuis a estimé que cela devait respecter un plan établi à l'interne par les commissaires.

«Il y a sûrement beaucoup de travail avec les enquêtes. Les enquêteurs de la Commission doivent corroborer les faits, doivent rencontrer de nouveaux témoins, doivent parfaire la preuve et préparer les auditions pour janvier», a-t-il formulé, sur les ondes de LCN.

Selon lui, les prochaines semaines pourraient d'ailleurs être riches en rebondissements.

«Je pense que la Commission s'en allait sur un terrain où des enquêtes policières sont déjà menées et il ne serait pas étonnant de voir d'ici quelques semaines des frappes d'importance et des arrestations», a lancé le spécialiste.

Incorrect or missing Brightcove Settings

Incorrect or missing Brightcove Settings

Incorrect or missing Brightcove Settings

Dans la même catégorie