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Cathie Gauthier en Cour suprême

Meurtre de ses enfants

Dominique La Haye

Le sort de Cathie Gauthier, cette mère de famille qui purge une peine de prison à vie pour le meurtre de ses trois enfants, est maintenant entre les mains de la Cour suprême du Canada.

Les avocats des deux parties ont présenté leurs arguments, jeudi, devant les juges du plus haut tribunal du pays.

L'avocat de l'accusée, Me René Duval, demande la tenue d'un nouveau procès, sous prétexte que le juge du procès aurait commis une erreur de droit en ne soumettant pas au jury la défense d'abandon.


Me René Duval (Agence QMI)

Au terme du procès, la mère de famille de 38 ans avait été trouvée coupable à l'automne 2009 du meurtre de Joëlle, 12 ans, de Marc-Ange, 7 ans, et de Louis-Philippe, 4 ans.

Cathie Gauthier est la seule survivante du drame familial survenu dans la nuit du 31 décembre 2008 à son domicile situé à Chicoutimi, lors duquel son conjoint, Marc Laliberté, a aussi mis fin à ses jours.

La Couronne allègue que le couple a commis un pacte de meurtre-suicide et que Cathie Gauthier s'est procurée «l'arme du crime», à savoir les médicaments retrouvés dans les boissons empoissonnées que son mari a servies aux enfants le soir du drame.

La procureure de la Couronne, Me Sonia Rouleau, a fait valoir que la défense d'abandon d'un projet commun est «incompatible» avec le fait que l'accusée a toujours nié sa participation à un pacte de meurtre-suicide.

Me Duval estime bien au contraire que cette défense est compatible. Il a expliqué que sa cliente n'avait jamais nié avoir acheté les médicaments, mais a nié se les être procurés dans le but de tuer ses enfants.

«Alors le fait qu'elle est à l'origine de l'acte d'accusation n'est pas nié», a expliqué Me Duval.
L'avocat a aussi souligné que sa cliente ne s'est pas contentée de dire à son mari qu'elle n'embarquait pas dans son plan, lorsqu'elle en a pris connaissance, mais a aussi «marqué sa désapprobation» par un «geste», soit celui de déchirer des documents, dont un testament.

Me Duval a aussi indiqué que Cathie Gauthier pouvait «raisonnablement croire» que son mari n'irait pas de l'avant. Lors du souper précédent le drame, elle a raconté que son mari avait un comportement normal et qu'il faisait même des blagues. La mère ne pouvait ainsi pas se douter que les boissons contenaient au contraire une dose mortelle de médicaments.

Selon Me Rouleau, la preuve présentée en cour était au contraire «accablante». Elle rappelle qu'après le drame, lorsque Cathie Gauthier a repris conscience et constaté que ses enfants étaient inertes, elle n'a rien fait pour les ranimer. Elle s'est plutôt fait couler un bain pour se réchauffer. Ce n'est qu'à son second réveil, environ douze heures plus tard, qu'elle a composé le 9-1-1.

La Cour d'appel du Québec avait maintenu le verdict de culpabilité. La Cour suprême a maintenant pris la cause en délibéré.

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