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Trois ans après le séisme, rien n'avance

Ottawa gèle les fonds pour Haïti

Le Canada a décidé de geler son aide accordée à Haïti, car le gouvernement souhaite que le pays le plus pauvre d'Amérique du Nord se prenne en main.

C'est le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, qui réclame une gestion plus efficace de l'argent qui est en envoyé en Haïti. Ce dernier croit que les progrès ne sont pas suffisants et compare la situation haïtienne avec celle du pays voisin, la République dominicaine, où il juge que les choses vont beaucoup mieux.

L'enveloppe, qui représente quelques centaines de millions de dollars, est habituellement utilisée pour financer de nouveaux programmes de coopération.

Le président de la Conférence populaire des Haïtiens de la diaspora, Jean Ernest Pierre, est d'accord avec cette initiative du gouvernement conservateur.

«C'est l'occasion pour les Haitiens d'applaudir à deux mains parce que c'est une décision qui va remettre en question cette aide [...] dans certains cas, on parle d'une aide qui nuit aux Haitiens», a expliqué le président en entrevue à LCN.

Selon lui, ce sont les 10 000 organisations non gouvernementales (ONG) qui reçoivent l'aide financière qui est envoyée en Haïti.

«L'aide bilatérale passe par les ONG et non pas par le gouvernement haïtien. Les ONG font ce qu'elles veulent dans le pays», a affirmé M. Pierre.

Il croit que l'argent est mal géré puisqu'il n'y a eu aucune amélioration.

«S'il n'y a pas de développement, ça veut dire que cette aide-là va au mauvais endroit. Ce n'est pas les Haïtiens qui en profitent», d'ajouter M. Pierre.

De plus, il estime que ce n'est pas aux ONG de recevoir l'argent puisqu'elles ne redistribuent pas l'argent, mais en profitent plutôt.

«Les ONG sont là pour faire du travail ponctuel. Quand il y a une catastrophe, ils arrivent et ça aide dans un premier temps. Quand on reste plus longtemps sur le terrain, on n'est pas là pour faire du développement».

La solution pour M. Pierre serait probablement de créer un organisme gouvernemental responsable de répartir l'argent dans le pays. Mais d'abord, les Haïtiens doivent travailler ensemble pour reconstruire leur pays.

«Les Haïtiens vont comprendre à un moment donné que ce sont eux qui doivent se mettre ensemble pour travailler et changer la situation», conclut Jean Ernest Pierre.