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Des milliers de dollars en financement politique

Commission Charbonneau

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Le président-directeur général de Génius Conseil (anciennement Groupe Séguin), Michel Lalonde, a continué tout au long de la journée son témoignage devant la commission Charbonneau.

En avant-midi, M. Lalonde a donné de plus amples détails au sujet du système de collusion impliquant les firmes de génie dont il a fait état lors de son témoignage la semaine passée, ainsi qu'au sujet du fameux 3% versé à Bernard Trépanier, responsable du financement d'Union Montréal.

«L'entente qu'on avait, c'était uniquement sur les grands projets d'infrastructures majeures», a expliqué le témoin.

La commission a ainsi passé en revue une série de contrats exécutés par Groupe Séguin entre 2001 et 2009 et dont plusieurs ont fait l'objet d'une ristourne de 3% en argent comptant. Le premier contrat pour lequel Michel Lalonde a versé une ristourne est survenu en 2004 lors d'un projet réalisé en consortium avec BPR.

Tout a cependant pris fin en 2009 lorsque «les choses [ont] changé». «M. Zampino n'était plus là; M. Marcil non plus», a expliqué le témoin qui s'est d'ailleurs dit «mal à l'aise» dans ce nouveau contexte. L'arrivée de l'escouade Marteau a aussi changé la donne.

Questionné à savoir s'il avait à un moment ou à un autre versé un montant d'argent pour obtenir un contrat de la part de la Ville de Montréal, Michel Lalonde a nié, se contentant de répondre que «tout se faisait par les contributions politiques». Ainsi, Groupe Séguin s'attendait à un retour d'ascenseur de la part d'Union Montréal sans viser des projets en particulier.

Financement politique

En cours de journée, Michel Lalonde a aussi continué à démontrer le lien entre les firmes de génie et le pouvoir politique.

Le pdg de Génius Conseil a raconté aux commissaires qu'il avait participé, en 2004, à un déjeuner où les entreprises été autorisées à faire du financement politique. Bernard Trépanier lui aurait non seulement demandé d'assister à l'événement, mais lui aurait réclamé un chèque de 10 000$.

M. Lalonde a par la suite expliqué que les contributions politiques ne se faisaient pas seulement avec l'administration principale, mais ausis avec les arrondissements.

Ainsi, Michel Lalonde aurait aussi été approché par Cosmo Maciocia, en 2005, pour financer sa campagne électorale dans l'arrondissement Pointe-aux-Trembles/Rivière-des-Praries. M. Maciocia aurait demandé une somme de 60 000$ qu'il aurait semble-t-il réclamé à Dessau également.

En cours d'après-midi, le pdg de Génius Conseil a multiplié les exemples de la sorte, écorchant de nombreuses personnes au passage. Parmi les gens nommés: Benoît Labonté, Robert Coutu, Joe Magri et Michel Bissonnet.

Le procureur de la commission a ensuite amené le témoin à admettre que le phénomène était bien loin de se limiter à l'île de Montréal. Michel Lalonde a ainsi confirmé avoir versé des dizaines de milliers de dollars en contributions politiques dans plusieurs municipalités de la couronne nord.

Contrat de l'égout de la rue Sherbrooke

La commission Charbonneau est aussi revenue sur le contrat de l'égout sanitaire de la rue Sherbrooke évoqué il y a plusieurs semaines par Lino Zambito qui affirmait que le directeur général de la Ville, Robert Abdallah, avait touché un pot-de-vin de 300 000$.

Michel Lalonde est venu corroborer en partie la version de l'ex-entrepreneur. Lors d'une rencontre entre M. Lalonde, M. Zambito et un représentant de Tremca, ce dernier aurait dit qu'il fallait «s'occuper de Abdallah». Infrabec a finalement accepté d'utiliser le produit de Tremca, mais a affirmé à Groupe Séguin que le contrat coûterait alors 300 000$ de plus. Michel Lalonde dit avoir été «accommodant» et a accepté d'autoriser des dépenses supplémentaires pour le projet.

MISES À JOUR

16h30 - Les travaux sont suspendus. Reprise demain matin.

16h27 - Pour ce qui est de Mascouche, M. Lalonde a eu une rencontre avec l'entrepreneur Normand Trudel pour s'impliquer financièrement. L'entrepreneur a donc organisé un déjeuner avec le maire Richard Marcotte et Michel Lalonde. Groupe Séguin a par la suite fait une contribution de 5000$ au maire Marcotte via M. Trudel.

16h17 - À Mirabel. En 2001, l'organisateur politique Lorne Bernard demande entre 3000$ et 5000$ à Groupe Séguin pour avoir des mandats. En 2005, on passe à une demande variant entre 5000$ et 7000$. En 2009, transaction directement avec le maire Hubert Meilleur d'environ 10 000$ toujours en argent comptant.

16h14 - Contribution de 3000$ en 2005 à Sainte-Julienne pour l'équipe du maire Marcel Jetté. Argent remis à l'organisateur Gilles Cloutier. En 2009, contribution de 5000$ remise directement au maire Jetté.

16h12 - On passe à Repentigny. «Un peu de complaisance avec les firmes, mais rien de plus», dit Lalonde. Pas de contribution.

16h08 - On aborde la Ville de Charlemagne. En 2005, contribution de 5000$ directement auprès du maire Normand Grenier. Pas de souvenir de financement en 2009.

16h01 - On parle de L'Assomption. Contribution de 3000$ au maire Lionel Martel au début des années 2000. En 2005, nouvelle contribution à M. Martel; cette fois de 5000$. M. Martel a été battu lors de ces élections.

15h57 - À Lorraine, une nouvelle équipe s'est présentée aux élections en 2009. Michel Beausoleil lui a réclamé 5000$. La somme a été remise et le maire en question, Ramez Ayoub, a été élu.

15h48 - Groupe Séguin a contribué à hauteur de 5000$ à la campagne de Sylvie St-Jean, à Boisbriand, en 2005. Sollicitation par Jean-Guy Gagnon, organisateur politique. Est-ce qu'il faut financer le politique pour obtenir des contrats? «Ça facilite», dit M. Lalonde. Change de parti en 2009 et finance plutôt Marlene Cordato; de 15 000$ à 20 000$ en argent comptant.

15h43 - Groupe Séguin était «particulièrement présent» sur la couronne nord; «pas vraiment» sur la Rive-Sud. Principales municipalités impliquées: Saint-Eustache, Boisbriand, Mirabel, Bois-des-Filion, Lorraine, Charlemagne, Mascouche, Sainte-Julienne. Pas de travail pour Groupe Séguin à Laval.

15h41 - Questionné à savoir s'il a financé d'autres arrondissements, Michel Lalonde parle d'Hochelaga-Maisonneuve, alors qu'il a versé 2000$ à la demande de Richer Dompierre.

15h35 - Les travaux reprennent. Michel Lalonde affirme que Michel Petit a aussi sollicité des entrepreneurs pour financer la campagne de Benoît Labonté. Michel Lalonde a rencontré Benoît Labonté pour une petite «visite de courtoisie»; le temps d'un café. Il voulait ainsi témoigner de sa «présence» physique et financière.

15h10 - PAUSE

15h07 - Michel Petit, organisateur de Benoît Labonté (Vision Montréal), a sollicité Michel Lalonde pour les élections de 2009. Il réclamait 25 000$; somme qui a par la suite été versée en un seul versement d'argent comptant.

15h02 - Groupe Séguin a été sollicité à hauteur de 10 000$ par Bernard Trépanier en 2005 pour financer les championnats de la FINA. Quelques semaines plus tard, Trépanier a demandé un deuxième chèque de 10 000$.

14h54 - Questionné à savoir ce qui serait arrivé s'il n'avait pas participé au financement politique, M. Lalonde répond catégoriquement: «Je n'aurais pas eu de mandat».

14h45 - Groupe Séguin a donné 2000$ en argent comptant à Bernard Trépanier pour la campagne de Gilles Deguire, dans Montréal-Nord, en 2009.

14h42 - Groupe Séguin était aussi présent à Montréal-Est dès 1984-1985, et ce, jusqu'en 2005. «Année électorale après année électorale, on était là pour supporter les élections.» De l'ordre de 3000$ à 5000$ selon ses souvenirs; toujours en argent comptant. Comme les résultats n'étaient pas au rendez-vous, il a changé son fusil d'épaule. En 2009, il a donné 5000$ à Robert Coutu, maire de Montréal-Est, pour son élection.

14h37 - Michel Lalonde dit avoir remis 2000$ à Bernard Trépanier pour l'élection dans l'arrondissement Saint-Léonard. L'argent devait servir à la campagne de Michel Bissonnet.

14h29 - À un certain moment, la ristourne à Ahuntsic-Cartierville a été remplacée par une paire de billets de saison pour le Canadien de Montréal à la demande même d'Éric Lachapelle. Billets remis en personne en octobre 2007. Les billets ont coûté 14 000$, mais cette facture «peut être passée dans les dépenses de la compagnie».

14h23 - Groupe Séguin a participé au financement politique des arrondissements Pointe-aux-Trembles/Rivière-des-Prairies et Ahuntsic-Cartierville. Les contrats obtenus dans ce dernier arrondissement faisaient l'objet d'une ristourne de 3% pour la caisse électorale. De 15 000 à 20 000$ ont été versés par Groupe Séguin.

14h19 - Lors du départ de Cosmo Maciocia, Michel Lalonde a rencontré son successeur, Joe Magri. Ce dernier lui aurait alors réclamé 15 000$ pour du financement. M. Lalonde devait remettre ces 15 000$ en argent comptant à Nicolo Milioto.

14h07 - Le témoin confirme avoir remis à «trois ou quatre occasions» (en 2008-2009) une somme de 2000$ au directeur du génie de l'arrondissement PAT/RDP, Laurent Gravel, qui «était au courant» des comités de sélection. «Il était en mesure de parler aux comités de sélection et les résultats étaient là.» M. Gravel voulait être «compensé».

14h04 - Les travaux reprennent. L'avocat de la commission revient sur l'affaire impliquant M. Maciocia. M. Lalonde confirme qu'il a versé la somme de 60 000$ en plusieurs versements.

12h30 - PAUSE DU DÎNER

12h27 - M. Lalonde affirme que Cosmo Maciocia, de l'arrondissement Pointe-aux-Trembles/Rivière-des-Praries, lui a réclamé 60 000$ en 2005 pour financer sa campagne électorale. M. Maciocia lui aurait alors dit qu'il réclamait le même montant à Dessau.

12h24 - «Dans tous les endroits où on a été, on a toujours été sollicités», dit Michel Lalonde au sujet du financement politique.

12h19 - S'il avait oeuvré dans un libre marché, les prix auraient été «un peu différents», admet le témoin.

12h15 - «Il arrivait qu'on se parlait [entre firmes de génie]», dit Michel Lalonde concernant les contrats en arrondissement. «On se jasait un peu, ce qui permettait d'établir à qui revenait le contrat.» Parfois, Groupe Séguin faisait de la complaisance, parfois il obtenait des contrats dans un autre arrondissement.

12h13 - Questionné à savoir si le montant de 10 000$ lui a été imposé, Michel Lalonde répond par l'affirmative. C'est Bernard Trépanier qui lui a réclamé ce montant.

12h08 - Le témoin a peu de souvenirs du déjeuner en question. Selon lui, une vingtaine de personnes sur place.

12h04 - Michel Lalonde a participé, en 2004, à un déjeuner au cours duquel les entreprises pouvaient faire du financement politique. C'est à la demande de Bernard Trépanier qu'il participe à l'événement où se trouvent aussi le maire, Gérald Tremblay, et le président du comité exécutif, Frank Zampino. M. Lalonde fait un chèque de 10 000$ au nom de Marc Deschamps, d'Union Montréal.

11h50 - Discussions autour du travail des laboratoires. M. Lalonde dit avoir joué le même rôle [coordonnateur de la collusion] avec les laboratoires que pour les firmes de génie. Il n'aurait eu aucun bénéfice de ce travail.

11h43 - À l'origine, Lino Zambito voulait réaliser le projet de l'égout en «coulé en place» et non en tuyaux préfabriqués. Tremca a ensuite communiqué avec Lalonde pour faire de la pression afin que ses tuyaux préfabriqués soient utilisés dans le projet. Une rencontre a ensuite et lieu entre M. Lalonde, M. Zambito et un représentant de Tremca qui aurait dit: «Il faut qu'on s'occupe d'Abdallah!»

11h41 - Reprise du témoignage. On poursuit sur le contrat de l'égout sanitaire de la rue Sherbrooke.

11h12 - PAUSE

11h11 - Michel Lalonde dit avoir été «accommodant» avec Infrabec qui a choisi la méthode de Tremca et qui aurait coûté environ 300 000$ de plus. Il a donc ainsi autorisé des dépenses imprévus.

11h06 - M. Lalonde a rencontré Robert Abdallah concernant le projet de l'égout de la rue Sherbrooke. Il en a alors profité pour mousser la solution mise de l'avant par Groupe Tremca, dont il avait reçu l'appel un peu plus tôt.

11h00 - L'estimé du projet de l'égout sanitaire de la rue Sherbrooke, fait par Groupe Séguin, a été fait en fonction du marché de Montréal. L'estimé n'a pas été gonflé inutilement, dit M. Lalonde.

10h40 - La commission revient sur le contrat mentionné par Lino Zambito (égout sanitaire de la rue Sherbrooke) pour lequel l'ancien directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, aurait touché un pot-de-vin de 300 000$.

10h31 - Michel Lalonde dit ne jamais avoir eu à verser un montant pour obtenir un contrat. «Tout se faisait par les contributions politiques», dit-il. Il s'attendait inévitablement à un retour d'ascenseur.

10h30 - Michel Lalonde admet avoir déjà fait des «soumissions de complaisance».

10h28 - Bernard Trépanier, d'Union Montréal, imposait parfois ses choix de firmes lorsque venait le moment de former des consortiums.

10h22 - La formation de consortiums avait deux objectifs: assurer la réalisation des travaux et réduire la concurrence pour augmenter les prix.

10h19 - Michel Lalonde explique ce qui a mené à la fin de la ristourne de 3%. «Les choses avaient changé.» «M. Zampino n'était plus là. M. Marcil non plus.» Le témoin explique que Bernard Trépanier se rendait compte lui-même que cela ne fonctionnait plus.

10h17 - En 2009, Michel Lalonde commençait à être «mal à l'aise» avec le fameux 3%. Dernier montant versé en lien avec un contrat du consortium Séguin-Axor. Les firmes cessent de se parler.

10h15 - La commission continue de passer en revue la liste des contrats octroyés à Groupe Séguin entre 2001 et 2009.

10h09 - La commissaire Charbonneau demande à Michel Lalonde ce qui arrivait lorsque les travaux ne pouvaient être réalisés, mais que le 3% avait déjà été versé. «On ne demandait pas de remboursement», répond le témoin.

9h58 - Le premier contrat pour lequel Michel Lalonde a versé 3% est un projet avec BPR, en 2004. Le 3% est versé au début du contrat et non à la fin.

9h50 - La commission expose un tableau produit par Michel Lalonde réunissant des projets pour lesquels il dit avoir versé 3% à Bernard Trépanier. M. Lalonde ajoute que le retour de 3% s'appliquait seulement au «projets majeurs». «L'entente qu'on avait, c'était uniquement sur les grands projets d'infrastructures.»

9h46 - La collusion touchait «principalement les contrats d'infrastructures majeures» qui impliquaient plusieurs firmes, explique Michel Lalonde.

9h44 - Le témoin rappelle le nom des firmes de génie qu'il a mentionné comme faisant partie de la collusion la semaine dernière. Il ajoute à la liste la compagnie Axor.

9h42 - Michel Lalonde est de retour à la barre des témoins et est assermenté.

9h39 - L'Association nationale des camionneurs artisans obtient le statut d'intervenant. La commissaire Charbonneau lève également une partie de l'ordonnance de non-publication relativement au témoignage d'Isabelle Toupin.

9h37 - Début des travaux de la commission pour la journée.

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